Concours de poésies

Le concours de poésie a été mis en place à l’occasion de l’entrée de la poésie au Jardin Médiéval des Caves cet été 2021.

Voici ci-dessous, les textes sélectionnés par le jury et récompensés. Ils ont été lus lors de la Fête du Domaine de l’Ormois le 19 septembre dernier.

Catégorie A enfants.

Les légumes de ma soupe

La courgette me fait la tête

Le potiron

N’est pas mignon

La patate

Parle à la tomate

Mais tous,

Je vous mangerai tous ! Maëlle David de Montoir de Bretagne 44

Catégorie B Jeunes

Mon jardin

J’aime passer du temps dans mon jardin

Car je m’y sens bien

Autour de mon potager,

Les chênes sont là pour le protéger

Sur le mur de pierre

On voit grimper le lierre

Marguerites et pâquerettes

Dans le gazon, sortent leurs têtes. Julie Palussière, de Montoir de Bretagne 44

Catégorie C Adultes

Visite impromptue

Elle entra au jardin comme on entre chez soi

Simplement, d’un pas lent, comme un jour qui s’étire

A l’abri d’une rose, elle se mit à écrire

Étonnée d’être là, malgré son désarroi

Un glaïeul la toisa, mesura son émoi,

Un dahlia lui sourit, ne voulut interdire

A cette dame de prendre son temps pour redire

Ce que d’autres avant elle, écrivaient autrefois.

Elle s’amusa un peu, les mots se répondirent,

Se toisèrent malicieux, s’affrontèrent en tournoi

Puis s’apaisèrent ensemble, formant tout un convoi

De pieds, de vers, de rimes et de poèmes à lire.

Le jardin s’anima, d’herbes folles, de délires,

La poésie resta. On est si bien chez soi. Isabelle Giraudot, de Plogoff 29

Mon petit jardin

Dans l’air calme et serein, il n’y a rien qui bouge

Le soleil sur la fleur fait briller la rosée,

Déposée le matin, ou peut-être en soirée.

La jardin est un rêve et peut-être un secret.

Importe en lui le calme et la sérénité…

C’est le fruit de l’amour, du travail obstiné,

Ou la fleur en s’ouvrant, « son merci » a donné…

A montoir de Bretagne, cultivons le jardin,

Celui de notre vie est aussi le destin…

Malheur à qui ne cultive le jardin,

Réel ou bien « secret » en poète ou baladin…

A Montoir de Bretagne, à Lille ou ailleurs…

Il y a un jardin, un bassin et des fleurs.

Un coin tout bien caché au fond de notre cœur. Monique Hiron d’Epône, 78

Le plantain mal aimé

J’ai demandé : oh grand arbre du jardin !

Je voudrais être comme toutes ces fleurs,

Ne plus me sentir mi-figue, mi-raisin.

Ce n’est pas pour me jeter des fleurs,

Mais je suis frais comme une rose

Et je ne suis pas au ras des pâquerettes,

J’excelle dans un domaine où je suis virtuose.

Mes propriétés antimicrobiennes sont depuis belles lurette

Réputées pour être au service du monde entier

Mais je rêve de prendre la clef des champs,

Pour être enfin une fleur regardée et admirée.

Me sentir belle dans un jardin où les gens,

Admiratifs, prendront grand soin de moi.

Moi plantain, être aimé tout entier… je l’espère et je touche du bois.

Julie Mallet Saint Paul Trois Chateaux 26

Les fleurs de notre jardin

Qu’elles étaient belles

Les fleurs de notre jardin

Au temps de ton sourire éternel

Mais le destin t’a emmené

Vers de si lointaines contrées

Adieu bleuets, adieu giroflées

Adieu couleurs, adieu senteurs

Tu as tout emporté…

La grisaille au jardin

Est venu tout effacer

Et même tes chères roses

Ont l’air toutes délavées

Pourtant, tu avais tes préférées

La Reine Marguerites

Ou la Reine des Prés

Maintenant, je les cultive

Juste pour te les porter

Dans ce grand jardin

D’où jamais l’on ne revient…. Claire Le Cahérec Donges 44

Les migrations par Jacques Hédin

Lors d’une conférence au Jardin Médiéval des Caves, Jacques Hédin, ancien chargé de mission environnement du Parc Naturel Régional de Brière et membre du GATM, nous a parlé des migrations.

Voici la lettre de cette conférence:

Les migrations en quelques mots :

Le dictionnaire indique le latin migratio de migrare : changer de séjour. Déplacement cyclique ou définitif d’une importante population animale ou végétale homogène. La langue moderne distingue l’émigration (définitive) de la migration (saisonnière ou cyclique). Qu’ils migrent ou émigrent, tous les animaux qui se déplacent sont dénommés migrateurs. Je restreindrai à quelques exceptions près mon propos aux migrations d’oiseaux.

Quelques moments vécus :

Une migration d’Oies cendré au Marquenterre en Octobre 1977 : avec les enfants.

Une migration de Pluviers argenté en Baie de Somme en Septembre 1976 par temps de brouillard. La migration des Grues cendré en Chalosse : novembre 1989 et les phénomènes d’ascension. Les plus gros passages de Cigogne blanche en Mai et noire en Aout en fin des années 1980 à Rozé et Besné. La migration exceptionnelle de Canards et d’Oies à la fin de l’année 2020. Surtout notée par les chasseurs du nord de la France, mais aussi visible chez nous pour les canard Pilet Souchet et surtout Siffleur. Mais aussi : Les migrations estivales de Coccinelle au Sud de la Somme

Origine des migrations :

Certains citent cette origine à la fin de l’ère glaciaire: cas de l’hirondelle originaire d’Afrique qui a la fonte des glaces a progressivement occupé des espaces nordiques libérés. D’autres évoquent des habitudes beaucoup plus lointaines liées notamment à dévire progressive des continents. Les études récentes permettent de cerner des évolutions dans le temps et l’espace des migrateurs selon les espèces. Parmi les certitudes, il en est une incontournable: la migration des oiseaux n’est avantageuse que si la mortalité qu’elle entraîne, est plus faible que celle due à la famine hivernale sur les lieux de reproduction.

Migrations aller / retour : migration d’automne et de printemps :

Migration post nuptiale

Si l’on parle de migration, le plus souvent nous vient à l’esprit la période de l’automne propice à ces mouvements. Dans ce cas la migration est motivée par la recherche de nourriture, mais celle-ci nécessite du carburant (emmagasiné dans les graisses) réflexe plus rapide chez l’adulte que chez le jeune.

Migration pré nuptiale

Au « Printemps », la migration de retour est conditionnée en premier par le besoin de reproduction, qui doit d’abord passer par la formation des couples (pour ceux qui ne sont pas unis de façon durable). Le vent dans les deux cas joue un rôle non négligeable. Au milieu de l’Automne, installé au NE, il préfigure la possibilité d’une vague de froid et déclenche les départs. Au printemps, le vent de SE apporte le soutien à l’oiseau en vol. Dans les deux cas, le vent d’Ouest est synonyme de pluie, voire de tempête et n’incite pas souvent les oiseaux à effectuer leur migration sauf pour ceux dits anglais qui rejoignent alors le continent.

Une astuce : pour localiser les masses d’air, il suffit de se mettre dos au vent, se tourner de 45° à droite, alors l’Anticyclone est à droite et la dépression à gauche.

Les migrations régulières :

Selon les oiseaux, les migrations s’étalent sur plusieurs mois, cependant pour certaines espèces des pics de migrations sont plus régulièrement observés à dates fixes :

Quelques dates en Eté :

Sur le bord de mer, la fin juillet et le début août voient apparaitre les premiers migrateurs, il s’agit surtout des limicoles tels que les Pluviers et chevaliers (gambette, aboyeur) et aussi des premiers rassemblements en vues des migrations (Sternes).

La Madeleine : autour du 15 aout, cette période est propice à l’observation des Bécassine des marais par groupe parfois d’importance (15/25 ind.)

Quelques dates en Automne :

La pleine lune d’ Octobre : appelée la lune à » couette » (dans la somme) qui concerne plutôt le passage des Grives, Corvidés et apparentés

La St Luc : le 18 Octobre est une date incontournable dans le Sud et attendu par tous les fervents de la chasse à la Palombe.

Entre fin Septembre et début Octobre : on peut observer des bandes d’Oies cendrée et surtout rieuse traverser notre région. Il ne s’agit pas forcément des précurseuses, mais plutôt d’un reste de migration précoce liée à la disposition de nourriture chez nous,en France: maïs, pomme de terre, haricot, suite à des pratiques agricoles anciennes laissant de la nourriture non ramassée dans les champs.

La lune de novembre : appelée elle la lune des canards est réputés des chasseurs de gibiers d’eau dans le Nord et l’Ouest de la France.

Quelques dates au Printemps :

Le mois de Mai était incontournable pour la migration des Cigognes et des Spatules blanches. Les petits limicoles Barge à queue noire et le Combattant varié ont typiquement deux périodes de migration de printemps séparées de 15 jours à 3 semaines entre fin mars et fin avril alors que le Vanneau huppé nous arrive dès le début mars (ces phénomènes s’estompent depuis une quinzaine d’année). D’autres Limicoles plus nordiques (Pluviers et Courlis) passent courant Avril début mai, on les appelle en bord de mer, les avrillots. Parmi les hirondelles, le plus souvent en tête, l’hirondelle de rivage parfois dès fin février, suivi de l’Hirondelle de cheminée, le Martinet pointe le bout de son bec au premier Avril, date des premiers Coucous.

Quelques périodes de la journée :

certaines espèces voient des pics de migrations plutôt en journée (Hirondelles, Rapaces ), plutôt de nuit (Bécasse des bois, Foulque macroule), tout étant fonction aussi de la durée du vol des conditions atmosphériques et de l’ âge du capitaine, la situation de l’observateur.

Quelques itinéraires de migrations :

Lorsque l’on parle de migrations, on conçoit toujours des mouvements Nord/Sud et vice et versa, ces itinéraires ne sont pas immuables et peuvent s’adapter à certains facteurs naturels( voir les cartes). A noter dans les voies migratoires, les rétrécissement liés aux franchissement, d’où l’importance des détroits, des succession d’îles ou des montagnes et le positionnement des vallées.

L’évolution des itinéraires de migrations :

Ces itinéraires peuvent parfois sembler incohérents, c’est le cas du Traquet Motteux nichant du nord de l’Europe de l’Ouest jusqu’en Sibérie Orientale qui va hiverner en Afrique. Un petit nombre d’individus ont passé le détroit pour aller nicher en Alaska, mais ils continuent de parcourir plus de 16 000 km pour retrouver l’ Afrique.

Certaines espèces ont vu modifier leurs itinéraires comme la Sarcelle d’été dans les années 1970 dû principalement à la sécheresse sur le delta du Sénégal. Pour rechercher l’eau, elles ont parcouru plusieurs centaines de km en amont (vers l’Est). Au printemps, elles sont remontées dans l’axe de leur ancien cap inscrit dans les gènes.

Les migrations à regret :

Certains passages migratoires peuvent avoir lieu en dehors de ces périodes de descente, ils sont le plus souvent liés à l’arrivée d’une vague de froid tardive. Ceci après souvent un automne clément sur les sites de reproduction nordiques incitant les oiseaux à prolonger leur stationnement. Devant la perte d’accessibilité à la nourriture (ou à l’eau), les oiseaux n’ont alors comme autre ressource que celle de se déplacer vers des cieux plus cléments : ce sont des migrateurs à regret. Ils payent quelquefois un lourd tribu d’autant plus si la vague de froid s’installe en provenance du Sud les obligeant à aller encore plus loin sans la réserve de graisse préalablement emmagasinée.

Phénomènes de rémanence :

Beaucoup d’ espèces qui ont une aire de répartition large, ont plusieurs lignes de lignes de migration selon leur lieu de reproduction. Dans le cas du Canard siffleur, certains nichant au Nord Est empruntent la ligne Rhin/Rhône à son début et bifurquent ensuite pour regagner la ligne Atlantique. Il peut s’agir d’un phénomène naturel susceptible de favoriser le brassage génétique.

Des migrateurs accidentels :

Ce peut être le cas pour des Grues cendré dont la migration s’est déportée à l’Ouest par des conditions climatiques continentales comme dans les années 1990, en Brière. un ou quelques individus en groupe : C’est souvent le cas pour des limicoles Nord-américains observés sur la côte. Le plus souvent confrontés à des tempêtes les désorientant (notion de Vimers en marais breton-vendéen). L’inverse est aussi le cas avec des oiseaux européens sur la côte américaine (ex : Héron cendré).

Comment mieux comprendre les migrations :

Ce n’est pas ma tasse de thé, car j’aime bien que dans la nature, il reste un coin de mystère, cependant, l’observation aux jumelles, à la lunette ou tout simplement de visu du naturaliste du chasseur ou du promeneur amoureux de la nature pour peu qu’ils soient attentifs et scrupuleux de noter les observations, a longtemps permis de décrypter ce phénomène. Le must : repérer les survols sur quelques endroits privilégiés comme Orgambidechka (ou à proximité) et voir la vallée toute bleue un peu comme le ciel, de palombes cherchant une ascendance. Mais aussi, comme dit précédemment, tous les sites où se situent des entonnoirs de migration.

Le baguage: nécessite de positionner des filets ou des appareils de capture propre à certaines espèces : les Bécasses au Marquenterre et les Plies en Baie de Somme, maintenant les résultats sont plus probants. La pose d’une bague numérotée permet d’identifier l’oiseau, il faut encore le retrouver vivant ou mort, découvert ou à la chasse si espèce gibier. Les résultats pour les passereaux sont maigres (1 pour 1000 !). Il permet de suivre une Sarcelle baguée à Hambourg en fin de journée et tuée en Baie de Somme dans la nuit (1973), le parcours d’un Bécasseau maubèche bagué en presqu’île de Thulé (Groenland)juste volant (début Juin) et tué dans les Traicts du Croisic début Aout(1985). Les pérégrinations d’un Etourneau sansonnet et d’un Bécasseau variable bagués ensemble en Hollande et à nouveau repris ensemble dans le nord de la France plusieurs mois après.

Les bagues colorées : par le jeu des couleurs permettent d’identifier à l’aide de jumelles, le bagueur, l’âge et le sexe de l’oiseau. De même pour les bagues numérotées apposées sur des oiseaux plus gros. Les bagues nasales sont aussi en vigueur surtout pour les Anatidés

Les colliers GPS permettent suivre les oiseaux tout au long de leur cycle annuel et leur trajet migratoire au plus près. Exemple pour les jeunes Oies cendré nées sur le Banc de Bilho.

Les radars permettent aussi de vérifier l’altitude atteinte par les oiseaux en migration, jusqu’à 1200m pour certains passereaux. Les expérimentations sur des individus en laboratoire ont surtout porté sur l’influence des champs magnétiques (horloge interne) et sur l’influence de la voûte céleste et les positions des étoiles.

Les influences de l’homme sur les migrations :

Les obstacles : le développement urbain et ses éclazirages,les lignes THT, les éoliennes. La pollution organique ou chimique. La suppression des haltes essentielles. La chasse (historique et nouvelles gestions) le cas du Pigeon migrateur américain est typique (le dernier spécimen au siècle dernier s’est éteint en captivité en 1914). le réchauffement climatique: espèces méditerranéennes: cas des espèces méditerranéennes qui remontent nicher plus au nord : Héron Garde Bœuf, Grande Aigrette, et espèces nordiques de moins en moins observées en période hivernale : comme le Cygne chanteur (à ne pas confondre avec le Cygne tuberculé) ou le Garrot à oeil d’or.

Les espèces invasives : qui par définition modifient le milieu où elles vivent et le rendent inapte à la bonne reproduction de certaines espèces.

Quelques oiseaux migrateurs :

Canard Pilet : une espèce qui ne migre pas de même façon chez les mâles et les femelles.

Phragmite aquatique : un passereaux en péril devant la diminution de ses haltes migratoires

La Sterne arctique : championne du monde de la migration du Pôle Nord au Pôle Sud.

L’Oie à tête barrée : championne su monde de la hauteur (+ 10 000 m) au-dessus de l’Himalaya.

Et pour finir un poisson migrateur : l’ Anguille :

J’ai toujours en mémoire les paroles de Franciane ( ancienne directrice de l’école d’Aignac ) qui se souvenait, étant jeune de demander à sa maman une passoire, et avec son seau de plage partait sur les bords de Loire faire un petit canal sur le sable pour y collecter les civelles. Appelées aussi pibales dans le sud-ouest, elles sont le maillon migrateur d’une espèce aujourd’hui protégée alors qu’elle était indésirable, il y a à peine 40 ans dans les rivières classées à Truite !

S’il est un migrateur gardant encore bien ses secrets, c’est bien elle.

Cependant, depuis plusieurs années, les « pimpeneaux » qui désertaient les marais Brièrons reviennent en nombre de manière sensible, est ce le résultat d’une meilleure gestion des ouvrages, des nouvelles réglementations européennes, d’une concentration des civelles vers la Loire ou de nouvelles sources de nourriture (Ecrevisse de Louisiane) tout comme la Loutre d’Europe, là encore difficile de cerner le facteur principal. Ces animaux soit disant symbole de la bonne qualité de l’eau sont peut être sauvé par une espèce invasive, ne serait-ce pas de l’opportunisme tout simplement ?

Crédit photos: Jean Patrice Damien, Jean Pierre Saliou et Jacques Hédin.

La Labellisation du Musée de la Marine en bois du Brivet

De Guy Nicoleau, d’après le doc-presse du Parc Naturel Régional de Brière.

Le musée de la Marine en bois du Brivet

Le 12 juillet 2021, le musée de la marine en bois du Brivet, ouvert en juin 2000 à Montoir-de-Bretagne, est le premier site de visite à recevoir le label « Valeurs Parc naturel régional » en présence des élus de la commune, des représentants de l’association Groupe Animation Tourisme Montoir qui gère le musée et, bien sûr, du Parc naturel régional de Brière.

Créée en 2016 au niveau national, la marque « Valeurs Parc naturel régional » est une marque collective qui est attribuée par les Parcs français aux divers professionnels du territoire qui le souhaitent et qui satisfont le niveau d’exigence requis. Elle concerne aussi bien les producteurs agricoles que les produits artisanaux, les hébergements, les prestations touristiques ou les actions pédagogiques. Cette marque porte les valeurs des Parcs naturels régionaux, à savoir l’attachement au territoire, la forte dimension humaine et sociale, ainsi que la préservation et la valorisation des patrimoines.

Sites de visite, 6e catégorie de la marque « Valeurs Parc »

Guy Nicoleau du GATM, Eric Provost, président de la Fédération Nationale des Parcs Régionaux et Thierry Noguet, maire de Montoir de Bretagne

« Au sein du Parc naturel régional de Brière, nous avions déjà ouvert cinq catégories pour cette marque. La première a été celle des promeneurs en chaland. Les restaurateurs, les hébergeurs (gîtes) et les éleveurs (viande bovine) ont suivi, puis les artisans d’art en 2018 et, enfin, les sites de visite, catégorie ouverte dernièrement, à l’été 2020 », explique Myrtille Le Motheux, responsable du pôle Développement local du Parc naturel régional de Brière. Le musée de la marine en bois du Brivet est donc le premier musée à recevoir le label dans cette catégorie. « C’est un partenaire de très longue date du Parc. Le musée est géré par des personnes passionnées et bénévoles qui se battent pour valoriser notre patrimoine et l’histoire marine du territoire. C’était une évidence de proposer au musée de devenir notre 1er site et le 75e acteur labellisés ». En amont, dès juillet 2020, le Parc naturel régional de Brière a associé l’équipe du musée à l’élaboration du cahier des charges. « Nous impliquons toujours un représentant de la future catégorie dans la mise en place du cahier des charges du dossier de labellisation, précise Myrtille Le Motheux. Cela nous permet de bien vérifier la pertinence des critères définis. »

Une reconnaissance attendue

« Cela faisait longtemps que j’attendais ce label, commente Guy Nicoleau, président de l’association Groupe Animation Tourisme Montoir. C’est la reconnaissance de plus de 20 ans de travail fourni par nos bénévoles pour raconter l’histoire des marins de Brière et aider à une prise de conscience collective du patrimoine de notre commune. Au début du XIXe siècle, après Nantes, c’est Montoir-de-Bretagne qui regroupait le plus de marins ! 20 % des capitaines de bateaux nantais venaient d’ici. » Un label qui devrait apporter encore plus de notoriété à ce musée qui a le vent en poupe. En effet, le musée de la marine en bois du Brivet est devenu un réel centre de ressources : archives de l’historien Jean-Louis Monvoisin récemment récupérées, dix bateaux prêtés à La Chapelle-sur-Loire et une nouvelle exposition, cet été, sur les grands voiliers nantais du début du XXe siècle.

Les bénévoles du GATM

Ce label est accordée également aux activités de l’association : Le Jardin Médiéval des Caves et les Remontées du Brivet.

Concours de poésies

Le GATM (Groupe Animation Tourisme Montoir), à l’occasion de l’ouverture du Jardin Médiéval des Caves, dont le thème est cette année : «  La Poésie entre au Jardin », propose à tous, un concours de poésie.

Le thème de ce concours de poésie est : «  Les fleurs et le jardin »

Catégorie A : Pour les enfants de 7 à 10 ans, le poème devra être composé de 8 vers.
Catégorie B : Pour les jeunes de 11 à 15 ans, le poème devra être composé de 10 vers
Catégorie C : Pour les plus de 15 ans, le poème devra être composé de 14 vers.
Le poème ne doit pas être signé et ne doit comporter aucune marque personnelle. Mais ne pas oublier de faire figurer la catégorie dans laquelle vous participez avec le texte du poème.

Les textes devront être remis au Musée de la Marine en bois du Brivet avant le 15 août sous enveloppe avec au dos : le nom, prénom, N° de téléphone et adresse courriel du participant.

Le jury se réunira pour déterminer les trois lauréats de chacune des catégories
Les prix seront remis au trois premiers lauréats de chaque catégorie sous forme de :
Bons d’achat culture pour les jeunes et les enfants (catégories A et B)
Rosiers à parfum pour les adultes (catégorie C).

Ces prix seront remis l’après-midi, lors du festival inter-provinces Bretagne Poitou qui aura lieu sur le Domaine Seigneurial de l’Ormois, le 19 septembre 2021.

Conférences au Jardin 2021

Montoir de Bretagne

Jardin médiéval des Caves

Conférences 2021 au jardin à 18 h

Jeudi 15 juillet : Alain Parise: Les plantes médicinales


Jeudi 22 juillet : Philippe Rambaud : « Les anatidés »

Jeudi 29 juillet : Boulangers des Pains Maritimes

Jeudi 5 août : Nicolas Roux. Apiculteur. Les abeilles et le miel.

Jeudi 12 août : Stéphanie Barreaud :  «  l’entretien du jardin et la gestion différenciée des espaces verts »
Jeudi 19 août : Yves-Marie Allain. Le parfum des plantes

Jeudi 26 août : Paul Ablin et Guy Nicoleau, Soirée festive, chansons et contes

Les intervenants :

Philippe Rambaud, de Keranas

Alain Parise,

Les Boulangers des Pains Maritimes

Nicolas Roux, apiculteur montoirin, produit le miel bio du « Rucher des Marais ». C’est un grand connaisseur de abeilles et de leur environnement.

Stéphanie Barreaud, cultive son jardin sur l’Île jardin de Kervolant, à Mesquer.

Yves-Marie Allain, ingénieur horticole, ancien directeur du Jardin des Plantes de Paris a écrit de nombreux ouvrages. Il a été à la création du jardin Montoirin.

Afin de respecter les règles de distanciation dues au Covid 19, nous demandons aux participants de venir, si possible, avec son siège pliant.

Entrée aux conférences gratuite.

Le Jardin est ouvert à la visite du 22 mai au 26 septembre, visite libre.

Près de Trégonneau . Fléchage à partir de la Gendarmerie

Une Montoirine méritante par Guy Nicoleau

Marie Oyon, une Montoirine méritante

En octobre 2020, la ville du Mans, dans la Sarthe a donné le nom de Marie Oyon à l’un de ses boulevards. Marie Oyon, qui, avec Alexandre, son mari, fut une héroïne de la Résistance, avant d’être, à la libération, la première Sarthoise élue députée et sénatrice.

Marie Oyon

Marie Anastasie Tunney est née au village de Gron à Montoir de Bretagne le 31 décembre 1898. Elle était la fille de Félix Tunney, sujet anglais, fondeur, peut-être aux Forges de Trignac ou aux fonderies de Saint Nazaire. Sa mère, Marie Anasthasie Nouri, tailleuse, était la fille d’André Nouri, 1846-1877 et d’Anastasie Désirée Couthouis 1849-1911.

Les Nouri ou Noury sont des familles bien connu à Montoir de Bretagne.

Marie perd ses parents très tôt. A 16 ans, elle débute comme sténodactylo. Quelques années plus tard, elle cherche du travail dans la Sarthe. Elle y rencontre Alexandre Oyon, agent d’assurances. Ils se marient au Mans, le 7 juin 1919 et s’installent dans le quartier du Miroir. Ils ont deux enfants. Tous les deux sont engagés en politique. Elle est militante socialiste. Alexandre, lui, devient l’adjoint au maire. Fidèles à leurs engagements, durant l’Occupation, ils entrent tous les deux dans la résistance. Ils sont arrêtés par la Gestapo en décembre 1943 et déportés. Alexandre décède dans le camp de Mautausen, en Autriche, le 27 mars 1945. Marie revient, atteinte physiquement, mais vivante du camp de Ravensbrück, ses activités de comptable et d’agent d’assurances. Marie reprend également ses activités politiques chez les socialistes.

Elle fut conseillère municipale du Mans de 1945 à 1949 et membre de la première assemblée constituante d’octobre 1945 à juin 1946/ Marie Oyon décède au Mans, le 11 octobre à l’âge de 70 ans.

Une rue à son nom à Montoir de Bretagne

Tout comme la Montoirine Yvonne Herveau, qui réalisait sur sa machine à écrire, la nuit, aux Forges de Trignac, un journal clandestin « Radio Espoir » lors de la Poche de Saint Nazaire et qui a sa place, dans la salle du XXe siècle au Musée de la Marine en bois du Brivet à Montoir, Marie Oyon pourrait avoir une rue à son nom parmi les résistants déjà nommés : Guy Mocquet et Christiane Cabalé.

Emile Jules Allain, une petite histoire dans la grande histoire par Yves Marie Allain

Une petite histoire dans la Grande Histoire :
Un incident lors de la sortie du cuirassé Jean-Bart
19 juin 1940
par Yves-Marie Allain

Il s’agit d’un souvenir de famille que mon grand-père paternel m’a raconté. Mon grand-père, Emile Jules Allain (né et mort à Rezé, 1891 -1974) fit toute sa carrière comme marin. Le 9 mai 1904, il est enregistré, comme inscrit maritime provisoire. Il est alors âgé de 12 ans et demi et a son certificat d’études en poche. A 18 ans, il est enregistré comme Inscrit maritime définitif. Lors de son service militaire, dans la marine à Brest, il obtient son Brevet d’officier mécanicien de seconde classe de la Marine marchande le 24 janvier 1914.

Emile Jules Allain- jeune officier de la marine marchande -non datee-

Emile Jules Allain
A compter de cette date, ses séjours à terre seront peu nombreux avec des voyages au long cours, au cabotage international et au cabotage. Lorsqu’il n’est pas en haute mer, il est sur l’un des remorqueurs de l’Union des remorqueurs de l’océan (URO) du port de Saint-Nazaire, comme chef mécanicien. Le dernier débarquement figurant sur son Livret professionnel maritime est le 30 juillet 1958, à l’âge de 67 ans, soit 55 ans après son premier embarquement ! Bien qu’évoquant fort rarement ses voyages et encore moins les anecdotes, incidents, histoires diverses, il lui arrivait d’en parler alors que, durant les vacances scolaires à Saint-Nazaire, je l’accompagnais jusqu’à son remorqueur.

Emile Jules Allain devant son remorqueur St Nazaire

Emile Jules Allain devant son remorqueur à Saint Nazaire

Parmi les quelques anecdotes de sa vie de marin, celle de la sortie du Jean Bart dans la nuit du 19 juin 1940 alors qu’il était comme chef mécanicien à bord du remorqueur Pornic.
Il ne s’agit pas ici de raconter l’épopée de ce cuirassé, mais seulement ce qu’a vécu l’équipage de l’un des remorqueurs au moment de cette sortie précipitée de Saint-Nazaire. Parmi les remorqueurs ayant participé à l’opération, on trouve 3 remorqueurs du Havre et 4 de Saint-Nazaire, Hoedic, Glazic, Pornic, Piriac.

remorqueur Pornic dans le port de Saint-Nazaire- vers 1952-53

Le remorqueur Croisic dans le port de Saint Nazaire
Sans pouvoir préciser le moment où il prit la remorque, le Pornic était placé derrière pour aider à la manœuvre, et a participé à l’opération de ‘remise à flot’ du Jean Bart. Dans une tranchée creusée spécialement et rapidement pour permettre la sortie du cuirassé, balisée de petites bouées à peine visibles, le Jean Bart s’échoue par l’avant sur la gauche, tandis que l’arrière reposait sur la berge ouest. Après trois quarts d’heure d’efforts, les remorqueurs réussissent à le dégager, et le cuirassé atteint le chenal de la Loire aux premières heures de l’aube.

Evasion du Jean-Bart- in Pierre Guillou- Pilote de Loire- Geste editions- 2008.Evasion du Jean-Bart- in Pierre Guillou- Pilote de Loire- Geste editions- 2008

Evasion du Jean Bart- Pierre Guillou- Pilote de Loire. Geste éditions
Si les ordres sont bien parvenus aux autres remorqueurs, au moment où le Jean Bart va prendre de la vitesse pour échapper à la menace aérienne allemande, le Pornic est toujours en remorque à l’arrière. Les causes du non largage de l’amarre ne sont pas connues, soit les ordres n’ont pas été entendus, soit parvenus trop tardivement, soit un incident n’a pas permis de libérer l’aussière du crochet de remorquage. Le Jean Bart en prenant de plus en plus de vitesse, entraîne derrière lui le remorqueur qui se met en travers et commence à dangereusement prendre de la gîte. L’arceau de sécurité arrière est déjà dans l’eau et cette dernière commence à descendre dans la machine. C’est alors que l’un des marins du remorqueur a le réflexe de prendre la hache de sécurité située sur la plage arrière et de couper l’aussière. Le remorqueur fait une embardée brutale en sens inverse, puis se stabilise. Il n’y aura, apparemment, aucun blessé, mais sans doute une grande frayeur pour l’ensemble de l’équipage. Mon grand-père, par ailleurs chose assez rare à l’époque chez un marin, excellent nageur, s’est vu mourir noyé dans sa machine.
Bien des hypothèses peuvent être échafaudées, mais sans cette opération de rupture brutale de l’aussière, le remorqueur aurait vraisemblablement coulé et l’opération ‘évasion’ peut-être échouée ou du moins été fortement compromise.
Comme d’autres remorqueurs, le Pornic accompagne le Jean-Bart dans une petite partie de son périple, rejoint Bordeaux et ce n’est que le 30 août 1940, que le Pornic regagne Saint-Nazaire. L’incident ne fera l’objet d’aucun rapport et disparaitra avec les hommes qui l’avaient vécu.

Avers et revers de la plaque d-inscrit maritime portee par Emile Jules Allain .Avers et revers de la plaque d-inscrit maritime portee par Emile Jules Allain

Avers et revers de plaque d’inscrit maritime portée par Emile Jules Allain

Carte professionnelle de libre circulation -1939- sur le port de Saint-Nazaire

Carte professionnelle de libre circulation

Livret professionnel maritime -1928 - 1945-

 

et livret professionnel maritime d’Emile Jules Allain

La tragédie du Saint-Philibert par Michel Mahé

La tragédie du Saint-Philibert le 14 juin 1931, par Michel Mahé

A Nantes, l’Union Des Coopérateurs de Loire-Inférieure, l’UDC en liaison avec des syndicats CGT et la Bourse du Travail vient de créer le Comité des Loisirs nantais, qui propose à ses membres et à une population plutôt modeste différentes distractions telles que des visites culturelles, des jardins ouvriers, des centres de vacances des excursions et sorties. Pour la première fois, les responsables décident d’organiser une excursion dans l’île de Noirmoutier au mois de juin 1931. Ils prennent contact avec les Messageries de l’Ouest, filiale de la Compagnie nantaise de navigation, et réservent le Saint-Philibert pour le dimanche 14 juin. A cette date, les congés payés n’existant pas encore, une sortie ne pouvait se faire que les dimanches ou les jours fériés. L’idée est très bien accueillie par les coopérateurs et soutenue par la ligue des Droits de l’Homme, le parti socialiste SFIO et les syndicats ouvriers.

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Le Saint-Philibert est un petit bateau de croisière et de promenade à vapeur, construit par les Chantiers Dubigeon de Nantes en 1923, pour la navigation côtière et dans l’estuaire de la Loire, dès la belle saison. Long de 32 m, il peut en principe accueillir 500 personnes (180 passagers de 1ère classe et 320 de 2ème classe). Mais en général, il n’embarque que 300 voyageurs. Le matin du dimanche 14 juin, les passagers se rendent pour 6 heures du matin à l’appontement des Messageries de l’Ouest, quai de la Fosse à Nantes. Ils croisent sur leur chemin les paroissiens qui sont occupés à construire les reposoirs et à décorer les rues pour le passage des processions. Ce dimanche 14 juin est en effet celui de la Fête-Dieu, une des plus sacrées pour les catholiques de l’époque. Les jours précédents avaient été caniculaires, mais ce matin il fait beau et une légère brise est la bienvenue. Le navire quitte le port de Nantes, profitant du jusant. Le temps s’annonce beau,

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et la navigation dans la baie de Bourgneuf est considérée comme facile.  Sept hommes d’équipage, (un mécanicien, deux chauffeurs, deux matelots et un mousse) commandés par le capitaine Ollive, âgé de 57 ans, qui est pourtant retraité mais reprend du service l’été, doivent veiller au bon déroulement de la traversée.

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Le capitaine n’est pas enthousiasmé par le bateau qu’on lui a confié. Il connait ses faiblesses mais malgré tout il accepte, estimant le navire capable de faire l’excursion. Il donne des instructions très précises au contrôleur d’embarquement pour ne pas laisser embarquer plus de 500

personnes.       St Philibert 4

Il a été délivré 467 billets dont 426 payants, et 41 exonérés pour les enfants. Or on compte plus de 500 passagers sur le navire au moment du départ. Difficile de gérer un embarquement quand des gens qui devaient prendre place à bord ne se présentent pas ou quand, au contraire, d’autres personnes, voyant le beau temps, se décident à partir au dernier moment, quand enfin certains se désistent et, comme nous le verrons vendent au dernier moment leurs billets sur le quai même d’embarquement ? Le contrôleur essaie de gérer au mieux ces difficultés. La descente de la Loire se passe sans problème, certains passagers remarquent que le fleuve « moutonne », ce qui est anormal en cette belle journée. Le vent est nul au sol, mais de gros nuages passent en altitude à une vitesse impressionnante. Des habitants du village de Gron, non loin de Saint-Nazaire sur la rive droite du fleuve, dont ma mère et ma grand-mère, se souviennent des chants et des rires entendus lors du passage du navire. Le prospectus annonçant le voyage avait prévu : « Il y aura des réjouissances et des surprises, tant à l’aller qu’au retour ».

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Quoi qu’il en soit, le voyage aller se passe normalement et le Saint-Philibert accoste à Noirmoutier vers 13 heures, avec une heure de retard, le long de l’estacade de la plage des dames. Les passagers s’occupent tout de suite d’organiser le pique-nique dans le bois de la Chaize, situé immédiatement à proximité, d’autres préférant le restaurant. L’après-midi certains vont se baigner ou se tremper les pieds à la plage voisine, tandis que d’autres se dirigent vers le bourg pour voir le château ou l’église. Puis chacun achète ses cartes postales et ses souvenirs, car il faut déjà songer au retour. A partir de 16 heures, la sirène de bateau retentit à plusieurs reprises pour rappeler les passagers. La mer, haute en principe à 15 heures 25 est remontée très vite, ce qui est toujours signe de mauvais temps. En effet, le vent a considérablement forci, et le capitaine Ollive, conscient des mauvaises conditions météo, hésite à reprendre la mer. Mais sous la pression en  particulier d’un groupe d’ouvriers déterminés à reprendre le travail le lundi à 8 heures, il décide finalement de prendre la mer à 17 heures. 26 personnes, qui avaient eu le mal de mer à l’aller, préfèrent rentrer en car par le passage du Gois (quand celui-ci sera découvert, vers 22 heures). D’ailleurs, certaines familles se séparent, les hommes rentrant par le bateau, les femmes et les enfants par l’autocar. 17 autres restent dans leur famille ou à l’hôtel à Noirmoutier. Enfin 3 jeunes gens rentreront le lendemain matin par la voiture de la Poste. Ce qui fait que 46 personnes au total ne reprennent pas le bateau.

Les personnes prenant le car ont décidé de finir la journée en beauté et s’offrent le restaurant. C’est à l’issue de ce joyeux diner qu’on les avertit du drame. A leur arrivée à Nantes, vers 3 heures du matin, le naufrage leur sera confirmé par le bureau du port.

La mer est très agitée, mais personne parmi l’équipage n’envisage de distribuer les gilets de sauvetage. Après une heure de navigation, les choses se gâtent. Le capitaine regrette d’être parti car il sait que le pire est encore à venir. Mais après quelques hésitations, il poursuit finalement sa route en direction de Nantes. Les cabines, ne peuvent contenir les quelque 450 personnes qui ont embarqué et un grand nombre de voyageurs est contraint de rester sur le pont. Fouettés par les énormes paquets de mer, les passagers cherchent à se protéger et se placent spontanément sous le vent du bateau, à tribord, du côté de la terre, pour tenter de s’abriter. Ce faisant, ils déséquilibrent dangereusement le Saint-Philibert qui accuse une sévère gite. Et lorsqu’il double la pointe Saint-Gildas, près de Pornic, loin de se trouver protégé à l’entrée de l’estuaire de la Loire, le navire doit au contraire affronter la renverse de la marée et un très fort courant générant de puissantes vagues.St Philibert 6

Le Saint-Philibert se dirige vers la bouée du Châtaignier, la mer est démontée avec des creux de plus de cinq mètres. Le tangage est énorme, le faible tirant d’eau de 2,20 m de ce navire, plutôt fait pour naviguer en Loire, accentue les difficultés. La bâche, qui avait été tendue pour protéger les gens du soleil, augmente encore la prise au vent. Le capitaine n’a pas de sonorisation pour pouvoir mettre en garde les passagers contre le risque de faire ainsi chavirer le bateau. Brusquement une lame plus forte que les autres couche le navire, puis une seconde le fait se retourner complètement, projetant instantanément, en quelques secondes, un grand nombre de ces vacanciers d’un jour à la mer. Cette scène dramatique a lieu à 18h30, sous les yeux impuissants des gardiens du sémaphore de la pointe Saint-Gildas.

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Le maître-guetteur Adrien, s’efforce aussitôt de donner l’alerte. Les conditions étant très mauvaises, le premier bateau n’arrive sur zone qu’à 20 heures 20. Le remorqueur de Saint-Nazaire le Pornic sauve un passager autrichien accroché à une bouée et ramène trois cadavres. Le bateau pilote, le Saint-Georges, sous les ordres du capitaine Brière, sauve 7 jeunes gens qui savaient nager (1 hongrois, 1 norvégien et 5 français). Ces huit personnes représenteront en fait les uniques rescapés du naufrage du Saint-Philibert.  Le bilan est terrible, 455 personnes ont péri en mer.

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Bien que le naufrage n’ait pas encore été annoncé officiellement, une foule considérable se rend sur les quais de Saint-Nazaire en présence du député-maire François Blancho. La nouvelle parvient à la connaissance des familles et amis qui attendaient à l’embarcadère des Messageries de l’Ouest, quai de la Fosse à Nantes, ou encore au siège de l’Union Des Coopérateurs, qui avait distribué 212 billets, aux alentours de 23 heures. L’annonce, faisant état de rescapés sans en préciser le nombre (hélas très faible), suscite de vains espoirs.

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Pierre, jeune receveur de tram nantais, fait partie de ceux qui, ayant appris la terrible nouvelle, essaient d’obtenir des informations. Il avait prévu avec son épouse Simone, enceinte de leur premier enfant, de profiter de l’excursion, et avait acheté deux billets. La veille du départ, il apprend qu’il sera de service le dimanche et ne pourra donc pas partir à bord du navire. Il conseille à son épouse de participer malgré tout à la sortie, et de vendre le second billet sur le quai d’embarquement. Arrivée sur place, elle hésite à partir seule, et (prémonition ?), prend la décision de ne pas participer à l’excursion. Elle décide de donner les deux billets à une cousine, accompagnée de sa fille,  qui sont sur le quai à la recherche des précieux sésames. Elles acceptent avec joie, puis embarquent sur le navire. Quant à la jeune femme, elle rentre à la maison où elle passe la journée et la soirée, sans connaître le drame qui se joue. Pierre, mis au courant de celui-ci, essaie de s’informer, et sans nouvelles de sa femme, rentre à son domicile, mort d’angoisse, craignant le pire. Quelle n’est pas sa surprise de retrouver Simone qui l’attend, ignorant le drame qui vient de se nouer. Les deux époux tombent en pleurs dans les bras l’un de l’autre ! Leur première fille, Pierrette, naîtra en février 1932.

On retrouvera le corps de la maman et de sa fille, quelques semaines plus tard, enlacées l’une à l’autre. La destinée de chacun, bonne ou mauvaise, tient parfois à peu de choses…

La tempête s’apaise vers 21 heures. Les bateaux, désormais présents en nombre sur le site, commencent à ramener les premiers corps. Ces dépouilles sont déposées dans un premier temps sous le hall de la compagnie des Messageries de l’Ouest à Saint-Nazaire. Le mardi 16, sept camions militaires transportent vers Nantes les corps des 77 victimes alors retrouvées. Une chapelle ardente a été installée au Château des Ducs de Bretagne, où elles reposent dans des cercueils non fermés, afin que les familles puissent les reconnaître, ce qui donne lieu à des scènes déchirantes.  La presse locale et nationale bien entendu fait ses gros titres du naufrage pendant plusieurs jours. Mais, ni la presse ni même la population ne semblent prendre la juste mesure de la catastrophe avec la disparition de presque un demi-millier d’habitants de la ville et de ses environs, en premier lieu parce que la mer n’avait rendu à ce moment-là que 77 cadavres sur 455.

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Parmi les victimes, on trouve les fondateurs du Comité des Loisirs, des ouvriers des chantiers de Bretagne, une trentaine de travailleurs autrichiens de l’usine des Batignolles, qui habitaient les cités ouvrières. Il y a également des Rezéens dont le conseiller municipal Chincholle et sa famille. Le milieu syndical est très touché. Pont-Rousseau voit disparaitre Mesnil, instituteur, secrétaire du syndicat des instituteurs et de la fédération des fonctionnaires, Maillard, secrétaire adjoint de l’union locale, Thierry, trésorier du syndicat des employés de commerce.

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Mais c’est le mouvement coopératif nantais qui est le plus atteint, avec la disparition du sous-directeur de l’UDC, Xavier Peneau, de Bredoux, fondateur en 1893 de la coopérative l’Economie, de Le Brazidec de l’UDC, d’Alexandre, chargé de l’organisation des fêtes coopératives et de la propagande cinématographique. Treize employés de l’UDC ont également disparu ainsi que le directeur Henri Lepouriel et toute sa famille. Celui-ci avait décliné une autre invitation pour faire partie du voyage. Ce drame ne fera d’ailleurs qu’amplifier une crise qui couvait au sein de la grande société nantaise, victime de son développement trop rapide.

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Le Jeudi 18 juin 1931 des funérailles grandioses sont organisées dans la ville de Nantes. La cérémonie civile a lieu dans la cour du château des Ducs en présence d’Aristide Briand ministre des affaires étrangères, du ministre de la marine Louis de Chappedelaine, du député-maire de Saint-Nazaire François Blancho, du maire de Nantes Léopold Cassegrain, des préfets, des élus locaux, des officiers supérieurs et personnalités locales.

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Après les différentes allocutions des principales personnalités présentes, la cérémonie se prolonge par un sermon donné par le pasteur du culte protestant de Nantes.

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Puis les 77 cercueils sont chargés par groupe de 6 dans 13 véhicules hippomobiles militaires hâtivement transformés en corbillards, qui quittent le château pour se diriger vers la cathédrale. C’est sur le parvis de celle-ci qu’a lieu la cérémonie religieuse, au milieu d’une foule immense. Elle est présidée par Monseigneur Le Fer de la Motte, évêque de Nantes, entouré des chanoines du chapitre épiscopal ainsi que de nombreux prêtres des paroisses avoisinantes. Après la bénédiction des corps par l’évêque, le cortège des 13 véhicules militaires rejoint la rue de Strasbourg. A l’extrémité nord de cette rue, le cortège se scinde en direction des différentes paroisses et quartiers où les cercueils seront remis aux familles pour l’inhumation.

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200 corps seront retrouvés dans la première semaine qui suit la cérémonie. Le corps du capitaine Ollive est découvert, échoué sur la plage de Pornichet avec 6 autres corps et tout un ensemble de paniers, sacs, landaus et objets divers. La mer continue ensuite à rejeter des corps sur toutes les côtes environnantes, jusqu’à l’île d’Yeu, La Rochelle, l’île de Ré et Rochefort-sur-Mer. En fin de compte, 409 cadavres sont repêchés, 100 d’entre eux ne seront jamais identifiés formellement, et une cinquantaine de corps ne seront jamais retrouvés. Preuve de la crainte des conséquences sanitaires par la population, la consommation de crustacés et de poissons s’effondre dans la région pendant au moins une année.

Cette terrible catastrophe engendre chez les habitants du département, et même au delà, une véritable sidération. Des secours affluent afin de venir en aide aux familles des victimes. Ils viennent du monde coopératif, des villes de Nantes et de Saint-Nazaire, du président du conseil, Pierre Laval, et même de l’étranger. Les journaux locaux comme le Phare de la Loire, l’Ouest Eclair, le Populaire, le Travailleur de l’Ouest, ouvrent des souscriptions.

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Les fonds recueillis à Saint-Nazaire sont centralisés par les syndicats et les coopératives avant d’être transmis à la mairie de Nantes. Une commission composée d’élus, de coopérateurs, de représentants des syndicats confédérés, du syndicat patronal des constructions mécaniques et navales, de la Chambre de Commerce et de l’état, se charge de la répartition des secours, épaulée à partir du mois d’août par le groupement de défense des familles des victimes du Saint-Philibert. Ce comité s’est constitué à la Bourse du Travail sous la direction du secrétaire de l’union départementale CGT. En effet, la grande majorité des victimes fait partie de la classe ouvrière.

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Pendant que les recherches des victimes continuent, au milieu de la semaine qui suit le naufrage, plusieurs navires de la marine nationale, dragueurs et canonnières, se rendent sur le lieu du sinistre afin de repérer l’épave du navire. Assez vite, le dragueur Renne découvre celle-ci. Deux scaphandriers confirment que c’est bien le Saint-Philibert qui gît par 9 m de fond, couché sur le côté gauche, après avoir fait un tour complet sur lui-même en sombrant. Ils tentent d’ailleurs en vain d‘ouvrir les portes des cabines intérieures. L’épave est située à 250 m dans le Nord-Ouest de la bouée des Châteliers, dans l’alignement du chenal.

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Il faut impérativement renflouer le navire, car sa présence à cet endroit de fort passage peut présenter des dangers pour la navigation. Les entreprises françaises contactées ayant estimé que cela dépassait leurs compétences, on aura recours aux services d’une entreprise allemande implantée à Hambourg. Dans le contexte de la période d’entre-deux guerres, cette décision soulève des vagues d’indignation patriotique. Le Saint-Philibert est finalement renfloué le 5 août 1931 sous la direction de l’ingénieur Fuhrman, par deux pontons. C’est à cette occasion que seront retrouvés la plupart des derniers corps. En effet, 33 personnes qui étaient dans les cabines intérieures du vapeur étaient restées prisonnières de l’épave.

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Alimenté par une polémique virulente, un procès a lieu en 1933. Parodie de justice, les familles des victimes sont déboutées et les armateurs affranchis de toute responsabilité dans ce naufrage. Il faut noter également le poids d’une religiosité où certains, de manière scandaleuse, ne manqueront pas de souligner, parlant alors de châtiment divin, que si les ouvriers nantais et leurs familles avaient participé en bons catholiques aux processions de la Fête-Dieu, ce 14 juin, ils n’auraient pas péri !!! Le bateau semble récupérable, il sera donc réparé et converti pour effectuer des transports de charges. Il changera plusieurs fois de nom. En dernier lieu, sous le nom de Côte d’Amour il sert aux transports de sable. Il ne sera envoyé à la ferraille qu’en 1979.

Cette catastrophe était-elle prévisible ? Le gardien du phare du Grand Charpentier déclara, lors de sa relève, qu’il était étonné de voir passer le dimanche matin le Saint Philibert. De plus, au moment du retour, les passagers et l’équipage, à l’abri des vents de suroît et d’ouest ne voyaient qu’un plan d’eau calme, et ne pouvaient deviner les conditions dantesques qui régnaient dans l’estuaire de la Loire. Un avis de coup de vent émis par la météo n’arriva à Noirmoutier que le lundi matin… Neuf ans après, presque jour pour jour, un autre navire, le Lancastria, qui participait à l’évacuation du contingent britannique au départ du port de Saint-Nazaire, touché de plein fouet par des bombes allemandes, sombrera le 17 juin 1940 en vingt-quatre minutes, non loin du lieu du naufrage du Saint-Philibert. Cette terrible fera près de 4 000 victimes…

Bibliographie et sources :

La Prolétarienne, l’Union, La Ménagère, les coopératives de consommation dans la Basse Loire, Robert Gautier, 2012, CHT

Les grands naufrages de l’estuaire de la Loire, Emile Boutin, 2002, Siloë

Archives Départementales de Loire-Atlantique

Article Ouest-France 14 juin 2015 Blog

En Envor, le drame du Saint-Philibert, Erwan Le Gall Blog famille Bretet, le naufrage du Saint-Philibert 14 juin 1931

Blog La chouette de Vendée, le naufrage du Saint-Philibert, Maurice Bedon

Témoignage de Madame Pierrette Mahé

Archives Yves-Marie Allain

Archives personnelles

L’histoire de la carotte par Yves-Marie Allain

Groupe d’animation tourisme de Montoir
Musée de la Marine en Bois du Brivet –Jardin médiéval des Caves
Montoir-de-Bretagne

A propos de Daucus carota –la carotte.

A l’occasion de la création du jardin médiéval des Caves à Montoir-de-Bretagne, parmi les nombreuses questions préalables à sa mise en place, deux étaient sur le choix des plantes qui pourraient y figurer. La première était liée aux espèces à retenir, car la date de référence était la mort d’Anne de Bretagne en 1514, la seconde aux variétés et cultivars qui pourraient être présentés à retenir. Si la carotte est retenue, sa petite histoire montre toute les ambiguïtés, les dérives sémantiques portées par les mots comme légumes anciens, légumes tombés dans l’oubli, vieilles variétés, variétés traditionnelles, variétés locales, semences paysannes, goût authentique, sans parler de sauvegarde de notre patrimoine naturel et culturel, autant de mots, d’expressions rarement explicités, dont il est souvent difficile de cerner la réalité qu’ils portent ou qu’on veut bien leur faire porter.

Carotte sauvage

La carotte, Daucus carota (famille des Apiacées, ou Ombellifères) avec trois sous-espèces spontanées, ssp. carota, ssp. commutatus, ssp. drepanensis, fait partie des quelques plantes alimentaires dont l’origine sauvage est de ‘chez nous’. C’est une plante bisannuelle qui se développe dans les prairies naturelles et bas-côtés des chemins. Bien qu’il faille toujours être prudent lors de la récolte de plante de la famille des Apiacées, – certaines espèces étant très toxiques – la carotte sauvage se distingue grâce à des tiges et des feuilles couvertes de pilosité et possède l’odeur caractéristique de la carotte.
C’est donc sur ces plantes sauvages que les hommes ont commencé à prélever des racines, puis à les mettre en culture et ainsi très progressivement à améliorer les qualités gustatives de la racine et à sélectionner des racines de couleurs différentes. Mais pendant de longs siècles la carotte sauvage fut un aliment recherché pour les animaux domestiques comme les vaches, les moutons, les chevaux ou les cochons.
Au Moyen-Age, la carotte ne figure pas parmi les légumes-racines les plus prisés et dans de nombreuses régions françaises l’ambiguïté nait du nom donné qui est pastenade, issu directement du latin pastinaca  qui correspond à la fois à la carotte et au panais. A la fin des années 1970, plus d’une cinquantaine de noms locaux existaient en France pour désigner la carotte sauvage dont c’hwibanez (Finistère), panez-moc’h (Bretagne), quotechue, en Basse-Loire, Pays de Retz, Bas-Poitou.
Les plus anciennes variétés connues sont longues et pointues avec des couleurs diverses. Au XIXe siècle, en France on préfère la jaune, mais la blanche craint moins l’humidité. En Hollande, la rouge est la plus recherchée, tandis que les Anglais privilégient la carotte orange !

carotte nantaise

Quelques extraits d’ouvrages parlant de légumes
1600 – Olivier de Serres : Les pastenades et carottes, ne diffèrent que par la couleur : l’un est rouge et l’autre blanche, « de fait en Languedoc et ailleurs n’appellent autrement les carottes que pastenailles blanches ».
1715 – La Quintinie : « Carottes, sorte de racine, les unes blanches, les autres jaunes ».
1784 – Bon jardinier : Carotte, Daucus carota. « On en cultive de trois couleurs, la rouge, la jaune & la blanche. »
1839 –Le Bon jardinier : Carotte, Daucus carota ; les principales variétés sont de couleur rouge, jaune et blanche. Une variété violette est citée. « Les carottes rouges ont en général le goût plus relevé que les jaunes et les blanches. »
1888 – Vilmorin : Dans son album de clichés, 24 variétés de carottes sont inscrites en grande majorité des carottes rouges, 4 sont blanches et une seule jaune : Quelques noms de variétés avec des lieux régionaux : demi-longue nantaise, demi-longue de Saint-Brieuc – demi-courte obtuse de Guérande, etc.
2002- le Truffaut : Carotte, Daucus carota. « Commune au bord des chemins dans toute l’Europe. »

Une petite expérience de sélection de la carotte sauvage
Le Bon jardinier de 1864 cite l’expérience ayant pour objectif l’étude de l’amélioration et de la transformation de la carotte sauvage en plante alimentaire. L’auteur rapporte qu’en trois générations, les carottes obtenues ont l’apparence des carottes du jardin avec « une chair un peu plus compacte, leur saveur plus douce ; elles ont été trouvées supérieures aux anciennes variétés. » Au fur et à mesure des semis, il a « vu successivement sortir de cette souche presque toutes nos anciennes variétés », avec les diverses couleurs des racines depuis les blanches, jusqu’aux rouges en passant par les jaunes et les lie de vin.

Variétés anciennes de carottes

Quelques expressions et dictons populaires incluant le mot carotte
Expressions et dictons ne remontent guère au-delà du milieu des années 1850 et, dans l’ensemble, ne rehaussent guère la carotte dans le panthéon des légumes !
La « carotte », feuilles de tabac roulées en forme de carotte destinées aux chiqueurs, devenu le nom de l’enseigne des bureaux de tabac.
« Tirer une carotte à quelqu’un » lui extorquer quelque chose en le trompant. Que l’on retrouve dans le verbe ‘carotter’ !
« Jouer la carotte », jouer mesquinement, avec prudence.
Le mot carotte devient un adjectif dans « Poil de Carotte », qui dans le roman de Jules Renard, Poil de carotte, 1893 était le « nom d’amour à son dernier né, parce qu’il a les cheveux roux et la peau tachée ».
« Les bœufs carottes », la police des polices car elle fait mijoter leurs collègues lors des auditions.
« Les carottes sont cuites » pour indiquer que c’est la fin. Ce fut le messsage codé avant le débarquement du 5 juin 1944.
« La carotte ou le bâton », viendrait de l’expression anglaise « The carrot or the stick » et ne serait attestée en France qu’en 1966. Cela fait référence aux deux méthodes pour faire avancer l’âne !

Yves-Marie Allain
Novembre 2020

La « 101 » voyage toujours, par Guy Nicoleau

L’histoire de la « 101 », une des locomotives du train du Morbihan

Les vieux Briérons et les vieux Montoirins se souviennent sans doute encore de la « 101 ».

Loco 101 à Montoir

En 1892, le Conseil Général du Morbihan confie à la Compagnie des Chemins de Fer du Morbihan, la réalisation et la construction de 402 kilomètres de voies ferrées à écartement métrique dans le département et 120 dans le département de la Loire-Inférieure, aujourd’hui Loire-Atlantique. A partir de 1907, les lignes La Roche-Bernard- Saint Nazaire entrent en activité avec deux embranchements : un à Méan en direction de Penhoët et un à Trignac, pour desservir le bourg de Montoir de Bretagne. A Herbignac, un embranchement permettait d’aller à Guérande en passant par Piriac sur mer de 1907 à 1930. Une locomotive à vapeur a parcouru ces lignes : la 030 Pinguely N° 101. Elle a été construite à Lyon en 1905 dans les ateliers de Benoist Alexandre Pinguely qui, entre 1881 et 1932, a fabriqué 361 locomotives à vapeur.

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Une locomotive chargée d’histoire

Traversant toute la Brière, la fière locomotive à vapeur a permis à ses nombreux habitants de rejoindre quotidiennement leur travail aux Chantiers de Construction Navale de Saint Nazaire. Entre Trignac et Saint Joachim, le train du Morbihan desservait Loncé, village de Montoir de Bretagne dont l’arrêt a été rasé, il y a une dizaine d’années,

Ancien arret du petit train

Le Pin, La Rue et Rozé. Le réseau a été fermé définitivement en 1947. L’ancienne voie entre Saint Malo de Guersac et Saint Nazaire a été aménagée en piste cyclable. La locomotive « 101 » part alors aux Forges de Gueugnon. En 1975, elle arrive sur le réseau du CFBS ( Chemin de Fer de la Baie de Somme), qu’elle parcourt jusqu’en 1996. Après une restauration qui a duré quatre années, dans les ateliers de Saint Valéry-Canal, elle revient sur le réseau.

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L’association CFBS, composée de plus de 30 bénévoles, fait voyager sur ces lignes 6 locomotives à vapeur, 7 loco-tracteurs diésel, un autorail et une draisine. Aujourd’hui, elle transporte 200 000 voyageurs par an du Crotoy à Noyelles ( 7,5 km), de Noyelles à Saint Valérie-Port ( 6,5 km) et de Saint Valéry-Ville à Cayeux( 12 km).« Dites bien aux Briérons que nous prenons soin de la « 101 » qui les a transportés au cours du XXe siècle. C’est une belle machine, parfois capricieuse, mais qui voyage toujours sur nos voies ferrées de la Baie de Somme » me précisent les deux bénévoles de la CFBS, de service, un matin de juillet, en gare de Saint Valéry sur Somme.

La loco 101 en Somme img187

Une petite chanson

En 2005, j’avais écrit une chanson sur le petit train du Morbihan. Un vieux briéron m’avait dit que pour se souvenir des gares des lieux dits entre Saint Nazaire et Saint Joachim, il avait cette petite phrase mnéo-technique : « Saint Nazaire à lancé (Loncé) le pain (Le Pin) à la rue (La Rue) de Rozé (Rozé), Saint Joachim », ce qui m’a donné les paroles du refrain de ma chanson…..

LE PETIT TRAIN DU MORBIHAN

Semant ses nuages blancs

Juste au dessus des roseaux

Le p’tit train du Morbihan

Passant, fait peur aux oiseaux

Il tortille de gare en gare

En se regardant dans l’eau

Du canal ou les canards

S’amusent de ses cahots

Son sifflet dans le lointain

Sonne l’angélus bien trop tôt

Laisse aux cloches de Saint Joachim

Seulement celui de midi, c’est beau

REFRAIN

Le p’tit train du Morbihan

De Saint Nazaire à Loncé

Le Pin à La Rue de Rozé

Saint Joachim.

 

Le p’tit train du Morbihan

Ramasse sur son passage

Ceux de Pendille, de Fédrun

Une musette pour factage

Le train les tire de Brière

Pour aller gagner leur pain

A la ville, river le fer

Chaudronniers, mécaniciens

Pauvres hommes de la terre

Il vous déporte le train, afin

D’améliorer l’ordinaire

Dans la poussière et le bruit urbain

 

Mais le soir le petit train

Fait le chemin à l’envers

Laissant à chaque chemin

Les hommes gagner leurs chaumières

Leurs filets et leurs chalands

Pour visiter leurs bosselles

Quand dans le soleil couchant

S’envolent quelques judelles

Le p’tit train du Morbihan

Suspend ses petits nuages au ciel

Sur la ligne d’horizon

Chante sa dernière ritournelle

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CD : Voix de Tourbe et de Sel   Ref VDTS0107

Crédit photos : Collection GATM, Nicolas Nivel-Catin, Guy Nicoleau

Bibliographie : Les Chemins de Fer de la Baie de Somme de Nicolas Nivel-Catin. Un chemin de fer d’intérêt local en Loire Inférieure de Jean Pierre Nennig