Les Américains à Montoir 1917-2017

Exposition du centenaire de l’arrivée des Américains à Montoir de Bretagne

img278

Le Groupe Animation Tourisme Montoir a décidé de fêter le centenaire de l’arrivée des Américains à Montoir de Bretagne en 1917. 20 000 soldats sont débarqués dans une commune de 3 000 habitants. Plusieurs manifestations, ayant reçu le label officiel de la Labellisation 14/18 seront proposées par l’association. Une exposition, réalisée par Michel Mahé, historien du GATM et de l’Aremors, composée de 13 panneaux et d’objets de cette période, ainsi qu’une maquette. Cette dernière, réalisée par Robert Richeux, membre du GATM, représente les bâtiments de stockage et de logements, construits par les Américains à Montoir. Cette exposition relate l’arrivée du contingent, les infrastructures de Montoir, la vie dans les camps, Bellevue et Gron à l’heure américaine, le parc de stockage, vivre avec les américains, l’apport sportif et culturel, les mariages franco-américains, la liquidation des stocks et du départ à la mémoire. Des témoignages et anecdotes des petits enfants d’Américains et de Françaises complètent l’exposition. Musée de la Marine en Bois du Brivet. Montoir de Bretagne. Du 1er juillet au 3 septembre. Tous les jours de 10 h à 12 h et de 14 h à 18 h. Entrée libre et gratuite.

Michel Mahé animera trois conférences à 18 h

Le vendredi 7 juillet :Arrivée du contingent, la construction des camps et des infrastructures.

Le vendredi 4 août : Cohabiter avec les Américains

Le vendredi 1er septembre : La liquidation des stocks.

Rendez-vous à l’Office Socio-Culturel Montoirin (OSCM), accès par la rue du Docteur Roux. Gratuit.

Pour les manifestations du centenaire, le GATM a reçu la labellisation officielle du ministère des anciens combattants « Labellisation 14/18 »          Labellisation DSC_0003 (4)

Bateaux de Loire pour la Nuit des Musées

Nuit des musées à Montoir de Bretagne

Les bateaux de Loire

Lors de la nuit des musées, le Groupe Animation Tourisme Montoir propose une exposition des bateaux de Loire réalisés par Yves Derriennick. Plus de vingt maquettes de toues, futreaux, gabares sapines seront exposées au musée de la Marine en bois du Brivet. Généreux donateur de ses maquettes au GATM, Yves Dériénnick expliquera la fonction, le lieu d’utilisation de ces bateaux, les marchandises transportées, lors d’une intervention-débat.

Samedi 20 mai, visite commentée de 14 h à 22 h. Conférence-débat à 16 h. Entrée libre et gratuite.

Musée de la Marine en bois du Brivet, Espace Chateaubriand, 6, rue Chateaubriand, Montoir de Bretagne. Renseignements www.marineenboisdubrivet.fr ou laisser un message au 02 40 45 58 22, on vous rappellera.

 

Nuit des musées DSC_0002 (3)

Une partie des 23 maquettes des bateaux de Loire offertes au GATM

Programme des conférences au Jardin en 2017

Montoir de Bretagne

Jardin médiéval des Caves

Conférences au jardin à 18 h

Jeudi 13 juillet :Yves-Marie Allain

L’ananas, ce fruit qui a effectué le tour de la terre

Jeudi 20 juillet : Alain Poulard

Histoire et perspectives d’évolution de la culture de la vigne dans un contexte de modifications climatiques

Jeudi 27 juillet : Alain Parise

Les plantes médicinales. Le lien entre l’homme, l’animal et le sol

Jeudi 3 août :Nicolas Roux

Le monde des abeilles

Jeudi 10 août :Yves-Marie Allain

La naturalité de nos fruits et légumes

Jeudi 17 août : Alain Poulard

Le Pinot Berligou : éléments d’histoire, son sauvetage et sa renaissance commerciale

Jeudi 24 août : Yvonnick Lalande

Le jardinage Biologique

Les intervenants :

Yves-Marie Allain, ingénieur horticole, ancien directeur du Jardin des Plantes de Paris a écrit de nombreux ouvrages. Il a été à la création du jardin Montoirin.

Alain Poulard , œnologue, ancien de l’Institut Français du Vin et de la Vigne est membre de l’association « Le Berligou » de Coëron.

Alain Parise, conservateur de biodiversité passionné, est le créateur du Jardin de Forges de Saint Nazaire

Nicolas Roux, apiculteur montoirin, produit le miel bio du « Rucher des Marais ». C’est un grand connaisseur de abeilles et de leur environnement

Yvonnick Lalande, maraîcher bio, est le créateur du « Jardin44 des 5 sens » à Pornichet

Entrée aux conférences gratuite.

Le Jardin est ouvert à la visite du 3 juin au 1er octobre, visite libre.

Fléchage à partir de la Gendarmerie

Armand Théophile JUIN par Michel Mahé

Armand Théophile Juin
montoirin fusillé pour l’exemple

DSC05927
Il nait le 22 avril 1887 à Trignac, qui fait alors partie de la commune de Montoir. Son père, ajusteur est probablement ouvrier aux forges. Il effectue son service militaire du 7 octobre 1908 au 28 septembre 1910 au 26ème régiment d’infanterie, probablement à Nancy. Entre cette date et 1914, on le retrouve à Caen, puis à Ivry, de décembre 1913 jusqu’à son incorporation en août 1914 au 65ème Régiment d’infanterie. Le régiment combat en Belgique, participe à la bataille de la Marne avant de s’installer dans la Somme au cours du premier hiver de guerre où commence la guerre de tranchées.
Armand Théophile Juin est transféré au 64ème RI , le régiment d’Ancenis, compagnie des mitrailleurs de la 41ème brigade, le 25 juin 1915.
Engagé dans la bataille de la Somme, le régiment est relevé fin juillet, les pertes durant cette bataille dépassant les 2 400 hommes.
Transféré en Champagne, le 64ème est engagé sur le secteur de la Courtine, où il se heurte à une résistance acharnée sans beaucoup de résultats. Fin octobre, les pertes se montent à près de 1 600 tués, blessés ou disparus, dont 40 officiers.
Réorganisé en novembre 1915, le régiment reprend le secteur de Tahure qu’il conserve jusqu’en mai 1916.. Le secteur est régulièrement bombardé, s’y ajoutent les difficultés liées à l’hiver. Mais bretons et vendéens s’adaptent à la pluie, à la boue, au froid.
La bataille de Verdun s’engage en février1916, et le régiment se prépare à son tour à y participer, bien que non officiellement encore informé. Mais les préparatifs et le sens des déplacements sont des indications suffisantes. La préparation morale des soldats est poussée à fond, mais ils savent ce qui les attend, car les journaux ne se font pas faute de décrire l’acharnement de la lutte, la fureur des bombardements d’artillerie et la puissance du terrible laminoir de Verdun.Armand JUIN
C’est dans ce contexte que le 64ème s’embarque dans la nuit du 26 au 27 mai en direction de Sainte Menehould, où il rejoint par voie ferrée son cantonnement à Sivry/Ante. D’après le journal de marche du régiment  » le trajet s’effectue sans incidents sauf au 3ème bataillon où une quinzaine de coups de fusil sont tirés en l’air. »
Le même journal signale que « 9 soldats manquant au départ ne sont pas rentrés à 20 heures ».
Le général Pétain est présent dans le secteur, ayant réuni les officiers supérieurs de la21ème division (dont fait partie le 64ème R.I.) à Villers en Argonne.
Le 31 mai à 22h30, des coups de feu sont tirés par des militaires du 1er bataillon, au moment où celui-ci quitte son cantonnement de Sevry. Après un jugement expéditif, le colonel donne l’ordre d’exécuter le Caporal Emile Le Pahun (originaire de Saint Nazaire) et le soldat André Schlosser. Ils sont fusillés le lendemain matin, près de leur tombe. On ne trouve dans les archives aucune trace de procédure les concernant. Seul, le journal de marche du régiment note laconiquement « l’opération a lieu sans incident ». Mais il s’est passé autre chose que le journal du régiment ne relate pas. Dans la nuit du 26 au 27 mai, 6 soldats du 64ème R.I ont « refusé à la première sommation d’obéir à l’ordre de marcher à sa place dans la colonne donné par les chefs ». Ce sont le caporal Bertin (originaire de Nozay), et les soldats Henaff, ( Kerfeunteun, 29), Bernard (Brest, 29) (29), Picaud (Trignac), Trique (Belligné) et Juin (Montoir). Ils sont arrêtés le 30 par la prévôté et conduits à la prison militaire de la 21ème D.I., à Sainte Menehould.

Sainte Menehould prison
Déférés devant le conseil de Guerre de la division, réuni le 4 juin dans cette même ville et présidé par le lieutenant colonel De Vial, commandant le 65ème R.I., ils sont défendus par le soldat Robine, avocat dans le civil à Cherbourg et soldat au 47ème R.I.
Armand Juin et deux compagnons d’armes

Les minutes du procès nous éclairent sur ce que l’armée reproche aux 6 soldats. On comprend mieux à travers les différents récits ce qui a pu aboutir à cette situation. Au départ de la marche de nuit ( pour ne pas se faire repérer par l’ennemi), il y a un simple chahut, sans doute favorisé par les libations des jours qui précèdent. « J’ai refusé à mon lieutenant de me mettre à ma place en sortant du village » concède Bertin., l’un des accusés. Le soldat Guichard, témoin, évoque les compagnies quittant le village de Fagnères « en faisant entendre des bêlements semblables à ceux que poussent les moutons menés à l’abattoir ». On chante l’Internationale, on fait « du barouf », pour reprendre l’expression de Bertin.
Puis après le chahut, on passe à une forme plus marquée de contestation. Ce sont tout d’abord les coups de feu tirés en l’air, sans que les choses soient très claires au vu des témoignages recueillis. ces tirs suscitent d’ailleurs une certaine inquiétude chez les poilus, craignant « qu’on leur tire dans le dos », et étanet pour la plupart très étonnés de ce qui se passe.
On passe alors aux insultes, proférés à l’égard des officiers venus identifier les tireurs après avoir remonté la colonne. Le sous lieutenant Gautier, principalement, se fait insulter et traiter de « gosse, fainéant, enculé », selon les termes des procès verbaux. ces insultes sont lancées à l’encontre de ce jeune officier de 21 ans par des poilus qui pour certains approchent ou ont dépassé la trentaine.
Si les formes de la protestation sont assez clairement établies par les différents témoignages, les raisons de la colère sont plus difficiles à cerner. Elles associent sans doute à un terrain favorable – les abus d’alcool – un prétexte – les marches nocturnes répétées – et un motif plus profond : les inquiétudes alors que l’on suppose déjà que ces nouvelles marches conduisent le régiment et la division à Verdun. « Depuis deux jours, on boit beaucoup à Fagnères » écrit Guichard.
L’alcool, plus largement consommé dans ces périodes de repos, à l’arrière-front donc, qu’en première ligne au moment de l’attaque, contrairement à des légendes tenaces, est en effet au cœur de nombre des affaires qui aboutissent à des conseils de guerre et, par suite, parfois, à des condamnations à mort. « J’étais saoul » se justifie d’ailleurs Juin, l’un des suspects dans l’affaire des coups de feu de la nuit du 26 au 27, tandis que Trique, l’un de ses comparses, tente de se dédouaner en affirmant ne pas avoir « entendu tirer des coups de fusil » : « J’étais ivre » explique-t-il. De manière plus large, on sait que l’ivresse joue un rôle central dans la condamnation à mort de nombreux soldats au cours de la guerre.
L’alcool n’explique pas tout cependant, pas plus que les marches exténuantes de cette fin mai : les soldats de la 21e DI en ont vu d’autres depuis août 1914. Les déplacements, peu logiques en apparence puisque l’on marche plus de 30 km vers le nord puis vers le sud le 27 mai pour se déplacer de 40 km vers l’est ensuite, ne sont qu’un prétexte.
Une distribution de vin en 1915.Transport de vin

L’essentiel est ailleurs : dans la perspective de remonter en ligne, et, plus encore, de le faire dans le secteur de Verdun.
Le sens des « bêlements semblables à ceux que poussent les moutons menés à l’abattoir » est évident. « Le carnage de Verdun n’est pas sans les inquiéter » écrit d’ailleurs Guichard, qui nuance cependant en indiquant que « puisque toutes les divisions y passent, ils comprennent que la nôtre aussi doit y passer » .
Verdun cristallise en effet toutes les inquiétudes au 64e RI, d’autant qu’en gagnant Sainte-Menehould, les soldats s’en rapprochent : « on parlait vaguement qu’on allait à Verdun » déclare l’un des inculpés, le soldat Bernard, avant de préciser qu’« on s’en doutait mais on ne savait rien de sûr ». Et tel semble bien être la motivation principale de Hénaff dans ses tentatives pour ne pas « aller [se] faire casser la gueule » ainsi qu’il l’écrit à Fernande, son épouse, son « petit loup » le 1er juin, deux jours après son incarcération à la prison militaire, avec une bonne dose de provocation.
« Ils ne m’auront pas par les balles, ni par leurs marmites, j’en ai trop souffert. Plutôt la mort des 12 balles de chez nous que de recommencer ce martyr »
« Tu sais, comme je te l’ai dit, pour Verdun, c’est fini maintenant ; je ne crois pas que j’y aille » explique-t-il. « Ceux qui vont à Verdun, il en reste le tiers c’est-à-dire sur 4 il en reste 3 sur le terrain, alors vois-tu il n’y a pas de presse pour y aller » écrit-il plus loin. « Je coupe [à] Verdun » semble-t-il se réjouir dans une lettre datée du lendemain.
Ces deux lettres adressées à sa femme, saisies par la justice militaire et conservées dans les fonds du service historique de la défense, permettent de mieux comprendre l’état d’esprit de celui que l’autorité militaire considère comme un des meneurs de la mutinerie.
« Ils ne seront pas si fiers à Verdun » aurait par ailleurs dit le caporal Bertin au sujet des officiers venus restaurer l’ordre dans les rangs après les premiers coups de feu dans la nuit du 26 au 27 mai.
L’enquête est menée selon les règles du temps, et repose sur l’audition des accusés et d’un certain nombre de témoins , sur des confrontations également, avant que le conseil de guerre, réuni le 4 juin, ne réentende chacun des protagonistes. Mais la plupart des témoins ne sont plus là, ayant quitté le secteur pour pendre la route de Verdun.
C’est donc sur leurs dépositions que va s’appuyer le conseil de guerre… autrement dit les mêmes pièces que celles par lesquelles les historiens peuvent aujourd’hui eux aussi chercher à comprendre les événements de la fin du mois de mai 1916.
Cette absence des témoins potentiels, à charge ou à décharge, donne à la procédure un caractère un peu exceptionnel, . Il apparait en revanche, à la lecture des pièces, qu’elle est en tous points comparable à de nombreuses autres affaires du même genre.
Un point est important ici : la réputation des soldats visés par l’enquête. C’est parce qu’ils sont notés comme étant de « mauvais soldats » qu’ils semblent s’attirer les foudres de leur hiérarchie, sans trouver personne pour prendre leur défense. Deux des six accusés ont en effet un casier judiciaire, ainsi que le note le commissaire-rapporteur auprès du conseil de guerre de la 21e DI dans son rapport au ministre de la Guerre en date du 6 juin 1916. Hénaff, le Finistérien, a déjà été condamné trois fois avant-guerre. Quant à Bernard, il est passé par les « bat. d’Af. » avant la guerre, et a été condamné par le conseil de guerre de la 21e DI quelques jours à peine après son arrivée à la division, début 1916. Tous sont décrits non seulement comme de « mauvais sujets », mais aussi comme « faisant bande à part », se retrouvant fréquemment alors même qu’ils appartiennent à des sections voire des compagnies différentes, ce qui ne vient qu’ajouter au sentiment que les incidents du 26-27 mai ne sont pas dus au hasard, mais ont été préparés.
Supposés « mauvais soldats », la plupart sont par ailleurs mal intégrés dans leur compagnie semble-t-il: un reproche qui revient fréquemment dans les procédures, et pas seulement dans le cas présent. Ceci s’explique pour une part par le fait que la plupart sont arrivés assez récemment au 64e RI. C’est le cas de Bernard,. Mais Juin déclare être « revenu à la compagnie il y a un mois » seulement. L’adjudant Chauvin, chef de section au 3e bataillon du 64e RI, insiste dans sa déposition sur le fait que « sauf Trique qui est depuis longtemps dans [sa] section, les autres venaient du 65e ou du bataillon de marche », que de ce fait il ne les connaissait « que depuis peu de temps ». Et même Trique, s’il est bien « au front depuis le début de la guerre », a cependant servi initialement pendant sept mois au 264e RI, le régiment de réserve du 64e. Dans l’ordre du régiment n° 156, le chef de corps du 64e RI évoque d’ailleurs explicitement « des éléments gangrénés, dangereux pour la discipline et le bon ordre, venus généralement d’autres corps, avec un passé chargé de fautes graves ». Ce sont ces éléments extérieurs qui auraient « essayé d’apporter des ferment d’indiscipline et peut-être de rébellion dans les rangs du 64e » ; et c’est « pour que la suspicion ne s’égare pas sur les honnêtes soldats », ayant donné ou étant prêts à donner des preuves de leur courage et de leur dévouement » qu’il est, selon l’officier supérieur, « nécessaire de démasquer les fauteurs de désordre et les meneurs de la bande ».
On n’a guère de détails sur le déroulement de la séance du conseil de guerre : Tout juste connait-on le verdict .Les 6 soldats sont déclarés coupables de révolte. Quatre des accusés, Hénaff, Bernard, Bertin et Juin, sont condamnés à mort
Parmi eux, figure le caporal Bertin, dont on dit qu’il « s’est bien conduit au début de la campagne » mais se serait « laissé gagner par de fâcheuses influences » : son grade de caporal, signe de sa bonne conduite au début de la guerre, joue visiblement contre lui dans le cas présent.
Les soldats Picaud de Trignac et Trique de Pannecé (Loire Inférieure) échappent à cette sentence de mort et sont condamnés à 10 ans de travaux forcés. Le second, agriculteur , se défend en déclarant : « je suis cultivateur, ce sont des ouvriers » ; « cela ne peut aller ensemble » conclut-il, révélant implicitement les fractures pouvant parcourir la société en réduction qu’est un régiment au front.
Joseph Picaud mourra d’ailleurs de maladie le 3 novembre 1917 au bagne de Douera, en Algérie, où il purge sa peine.
Quant à Jean Marie trique, il bénéficiera d’une remise de peine le 29 octobre 1920 avant d’être libéré.
Dans cette affaire, un autre soldat a échappé au peloton d’exécution : le soldat Alfred Cherhal, qui est après-coup venu se constituer prisonnier de lui-même. Il est considéré cependant comme « ayant d’assez bons antécédents et étant un soldat discipliné ». De ce fait, il « n’a pas été écroué avec les autres », ne paraissant « pas faire partie de cette bande ». Le fait d’avoir tiré « sans se rendre compte de ce qu’il faisait » est porté à son crédit. L’argument n’aurait pas valu pour les « mauvais sujets » jugés par le conseil de guerre.
On n’a que peu d’informations sur l’exécution qui a lieu le 5 juin à l’aube :. Un ordre du chef d’état-major du 10e corps d’armée – celui de Rennes –, présent dans le secteur de l’Argonne en ce mois de juin 1916, indique que « les quatre pelotons d’exécution seront fournis par les 136e, 2e, 25e et 47e RI, les quatre régiments de la 20e DI (Saint-Servan). Doivent par ailleurs assister à cette exécution un bataillon du 136e (Saint-Lô), deux compagnies du 25e (Cherbourg), un bataillon du 2e (Granville), un autre du 47e (Saint-Malo), enfin un bataillon du 41e et du 241e RI, deux régiments rennais appartenant à la 131e DI ». Seul « un détachement du 64e » est présent, afin de ne pas frapper encore plus les esprits des soldats du régiment.
Le caporal Joseph Bertin, domestique de ferme de Nozay (Loire-Inférieure), les soldats Guillaume Bernard de Pleyben (Finistère), ouvrier riveur à Brest, François Hénaff de Kerfeunteun (Finistère) et Armand Juin de Montoir (Loire-Inférieure), tous deux charpentiers, sont passés par les armes « en réparation du crime de Révolte sous les armes en réunion » à Sainte-Menehould, à 800 m au nord du quartier Valmy, à 6h30 ce 5 juin. Le médecin major de la division constate le décès et « certifie que chacun des quatre exécutés de ce matin… a reçu environ 10 à 12 balles qui ont traversé la poitrine de part en part et amené une mort immédiate »
Armand Théophile Juin et ses trois camarades sont enterrés au cimetière militaire de la nécropole nationale de Sainte Menehould, dans la Marne.
On retrouve sur son livret militaire mention de cette exécution. L’acte de décès est transmis à la mairie de Trignac le 17 mars 1917. Armand Juin avait 29 ans.

fusillés 1
Une exécution vue par Tardi.

DSC06553      DSC06549
Les tombes des quatre fusillés. Nécropole de Sainte Menehould,                       La stèle d’Armand Juin.

Il fait partie maintenant des 825 fusillés entre 1914 et 1918, et reconnus officiellement par le Ministère de la Défense sur le site « Mémoire des Hommes ». Parmi ceux-ci, on répertorie 563 fusillés pour « désobéissance militaire », 136 fusillés pour « crimes et délits de droit commun » et 126 fusillés pour espionnage. Sur sa tombe et sur celle de ses trois camarades figure cependant la mention « Mort pour la France » Aurait-il, avec ses camarades, été réhabilité après la guerre ? Le mystère reste entier car les documents consultés n’apportent pas de réponse.
Un siècle après ce conflit, tout pousse à une campagne de réhabilitation collective de ces fusillés pour l’exemple, comme l’ont fait déjà de nombreux autres pays. Cette campagne n’a pas été réellement engagée au niveau présidentiel malgré des déclarations d’intention. Et pourtant, 5 conseils Régionaux, 32 conseils Départementaux, de nombreuses communes (dont Montoir de Bretagne) ont déjà apporté à ce jour leur soutien à cette campagne de réhabilitation.
Au cours de la cérémonie du 11 novembre 2016, la commune de Montoir a honoré la mémoire d’Armand Juin, en présence de plusieurs membres de sa famille, dont un neveu, Armand Juin, et un petit neveu, Patrick Cario, accompagné de son épouse.

P.O. Réabilitation d'A. Juin 101_2158
Michel Mahé, GATM, AREMORS
Bibliographie et sources :
-Documents personnels
-Site « Mémoire des hommes », « Première guerre mondiale »
Fusillés de la première guerre mondiale, Armand Théophile Juin :
Conseil de guerre du 4 juin 1916 (21ème D.I.) : dossier de procédure et minutes de jugement.
Article de Yann Lagadec, Maître de Conférences en histoire moderne à l’Université de Rennes 2 : 5 juin 1916, 4 soldats fusillés au 64ème R.I. La mort plutôt que Verdun ?

L’Ormois par Guy Nicoleau

MAISON NOBLE DE L’ORMOIS EN MONTOIR

La terre de l’Ormois ou de Lormerais (Lormeray), en l’isle du Clos, appartenait en 1426 et 1453 au Sieur Jean de la Brégerie, également seigneur de la Jallais en Donges. Les deux seigneuries sont détenues vers 1470 ( par vente ou succession) par Jehan Meschinot, seigneur de Martigné en Donges. La fille et héritière de ce dernier, Marie Meschinot épouse Guillaume de la Lande, seigneur de la cour de Boué, et Procureur Général du Duché de Bretagne, assassiné à Donges en 1489 parce qu’il s’opposait à l’Union de la Bretagne à la France. (Le commanditaire de l’assassinat aurait été Le vicomte de Donges, Jean IV de Rieux).

blason-de-jehan-meschinot-img905

Les biens de Jehan Meschinot sont ensuite partagés entre les enfants de Marie Meschinot et Guillaume de la Lande :

Jehanne de la Lande hérite de la Jallais en Donges, elle épouse Pierre Vinet.

Jehan de la Lande hérite de Martigné.

Jacques de la Lande hérite de l’Ormois

D’après l’Aveu fait au Roi par la Vicomtesse de Donges Suzanne de Bourbon, en 1534, l’Ormois, paroisse de Montoir, est un fief noble dont le possesseur est tenu aux devoirs d’ « hommage et rachat » envers son suzerain le Vicomte de Donges.

Jacques de la Lande,seigneur de l’Ormois est l’époux de Marguerite de la Ryaie, Dame de Blanche en Donges (face à Tréveneux). Le 7 avril 1545, « Damoiselle Marguerite de la Ryaie, Dame de Blanche« , est la marraine au baptême à Donges de Marguerite Gillet, fille de Gilles Gillet et de Françoise Alletz.

Les De la Lande sont une famille très présente dans la région aux XVème et XVIème siècles.

Seigneurs de la Cour-de-Bouée, et de la Haye-Mahéas en St-Etienne de Montluc, ils deviennent également seigneurs de Martigné et de la Jallais en Donges (par mariage avec l’héritière des Meschinot à la fin du XVème siècle), puis seigneurs de l’Ecuray en Prinquiau, et du Bois-Joubert en Donges (début du XVIIème siècle).

Jacques de la Lande, de l’Ormois en Montoir, appartient à cette famille, qui porte pour blason : « d’azur à une quintefeuille d’argent« .

blason-j-de-lalande-2010-jpg-010

Après lui, on connaît comme seigneurs de l’Ormois :

1573 : Jacques de la Lande, IIème du Nom, « Escuyer« , seigneur de Blanche en Donges, époux de Françoise Coterel (issue sans doute des Coterel de Montoir, seigneurs de Trégonneau et du Bois-Joubert).

1610 : René de la Lande, seigneur de Blanche en Donges. En 1604, il épouse Suzanne Cheminard, à Nantes, dans la chapelle de Cheviré. René de la Lande meurt à Donges en octobre 1615. Sa veuve Suzanne Cheminard lui survit pendant 37 ans; elle meurt fin janvier 1652 et est enterrée dans l’église de Donges.

Il semble que par la suite, L’Ormois et Blanche n’appartiennent plus à la même famille.

En 1631, Artus Bourdeil, Sieur de la Maillardière (sans doute le domaine du même nom, se trouvant sur la Commune des Sorinières) est devenu seigneur de Blanche par son mariage avec Françoise de la Lande († 1644), fille et héritière des précédents. Mais il ne porte plus le titre de seigneur de l’Ormois.

A la fin du XVIIème siècle, le titre de seigneur de l’Ormois est porté par François de Besné, IIème du Nom (1664 † 1711), seigneur de la Haye-de-Besné et de Redureau en Donges.

Blason des De Besné

blason-de-besne-2010-jpg-011

« vairé, contre-vairé d’or et de gueules« 

Le domaine noble de l’Ormois est donc passé par mariage, vente ou héritage à la famille de Besné.

En 1714, l’aveu de Martigné ( parlement de Bretagne): « Toutes les pièces de terre, maisons et métairies de l’Ormois, appartenant à Escuyer François de Besné, propiètaire de la dite maison de l’Ormois ».

Il est à noter que Suzanne Bourdeil (fille d’Artus Bourdeil, et donc petite-fille de René de la Lande de l’Ormois) avait épousé Raoul de Besné (1627 † 1676), seigneur de Mareil. C’est justement leur fils François de Besné qui portera de nouveau le titre de seigneur de l’Ormois.

Selon toute vraisemblance, l’Ormois est demeuré dans la famille de Besné, seigneurs de la Haye-de-Besné et de Redureau au XVIIIème siècle, à savoir :

  • François de Besné, IIIème du Nom, fils des précédents (1692 † 1736), époux de Rose de Bino, de la Laubrie en Donges ;

  • François de Besné, IVème du Nom, fils aîné des précédents (1713 † 1780), époux de Bonne Rincée de la Héronnière ;

  • Pierre de Besné, fils aîné des précédents, fils aîné des précédents (1742 † 1822), époux de Marie-Joséphine Chapotain.

  • 1780 : Rose de Besné vécu à Montoir, morte et enterrée à Montoir

Après 1822, Joseph Baltide Huart de Chateauneuf a acquis le domaine.

Né le 30 juin 1774 à la Rochebernard, il était le fils de Joseph Huart de Chateauneuf, capitaine de navire et de Marie Anne Aimée Maillard. Il a épousé, au Croisic le 9 novembre 1803, Gabrielle Emmanuelle Rado ( 1783-1810). Il a eu trois enfants : Aimée Jeanne Emmanuelle, Marie Joseph et Mélanie.

Il était négociant-rentier. En février 1855, il figure parmi les 30 plus gros contribuables de Montoir.

Il est décédé au Château de L’Ormois à Montoir le 20 avril 1857 à l’âge de 82 ans.

Joseph Huart a été propriétaire avec Antoine Castaing, d’une goélette construite en 1753, à Louisbourg, forteresse Française sur l’Île de Cap Breton, province de Nouvelle Écosse au Canada. Il a fait partie des navires reliant La Rochelle au Québec en 1753. (N° 2898 NNCC 171)

D’après les écrits de François Chéneau, historien de la Vicomté de Donges

Jardin Médiéval des Caves

Le Jardin Médiéval des Caves

Dans le cadre des 500 ans de la Mort d’Anne de Bretagne, le Groupe Animation Tourisme de Montoir a créé un jardin médiéval au lieu dit « Les Caves », près des jardins familiaux. Yves-Marie Allain, ingénieur horticole, ancien directeur du jardin des plantes de Paris a participé à la réalisation de ce jardin, Alain Poulard de l’association “Le Berligou” de Couëron, ancien membre de l’Institut Français du vin et de la vigne, a fourni les plants de vignes qu’il y avait dans la région à cette époque et Alain Parise, conservateur de Biodiversité, y a semé des vieux blés.L’objectif de ce jardin est de présenter quelques unes des plantes qui pouvaient être cultivées dans un jardin à la fin du Moyen-âge, durant les premières années du XVI e siècle. Bien des légumes ou fleurs sont récoltés dans la nature et ceux cultivés dans les jardins sont très proches des espèces sauvages. Illustré de panneaux explicatifs, ce jardin est un but de promenade et de découvertes. Un thème sera proposé au public sur l’environnement et la protection de la biodiversité chaque année: en 2015, c’était le rôle des abeilles. Cette année, en 2016, c’est le rôle des insectes indispensables au jardin qui y est démontré. En 2017, les jeunes de Start’air et de l’Office Socio-Culturel Montoirin ont réalisé des épouvantails qui animent le jardin

Des conférences au jardin sont proposées au public à 18H. Voir le programme en pièce jointe.

Ces conférences sont gratuites.

Le jardin des caves sera ouvert au public à partir du 28 mai de 10 h à 18 h. Gratuit

Le jardin se situe près de Trégonneau, chemin du domaine de l’Ormois, fléchage à partir de la gendarmerie

Jardin médiéval 2017AA DSC_0002 (6)

Transports des plantes par la marine à voiles. Yves-Marie Allain

La marine en bois et à voile

et le transport des plantes venant d’outre-mer

Existe-t-il une possible relation entre les navires de la marine à voile et les jardins et réciproquement entre les jardins et la marine ?

La relation marine-jardin n’est sans doute pas directe, mais celle entre les marins et le jardin vraisemblablement davantage. En effet, lors des longs voyages sur mer, les légumes et les fruits frais deviennent rapidement une nécessité pour éviter un certain nombre de maladies dont le scorbut. Il y avait donc nécessité de pouvoir s’approvisionner, aussi souvent que possible en végétaux frais. C’est ainsi, que bien des jardins sur les côtes d’Afrique, d’Amérique ou d’Extrême-Orient étaient cultivés afin de ravitailler les équipages de passage. L’un des jardins les plus connus reste celui du Cap de Bonne Espérance, où les Hollandais, dès le XVIIe siècle, avaient établis un jardin de plusieurs hectares cultivant légumes et fruits d’Europe pour ravitailler les navires se rendant en Chine ou en Inde.

Mais le jardinier a-t-il besoin de la marine? Directement sans doute non, mais sans les marins, combien de plantes seraient encore inconnues et non cultivées dans nos régions. Pommes de terre, tomates, maïs, fraisier du Chili, séquoia, thuyas, etc., autant de plantes introduites d’Amérique par voie maritime, hortensia, camélia, pélargonium, érables du japon, autres plantes en provenance d’Afrique ou d’Asie. Ainsi, A compter du XVIe siècle des dizaines de milliers de plantes furent embarqués sur les navires pour venir enrichir les collections des jardins botaniques, enrichir les possibilités de culture et de décorations des parcs et jardins, créer de nouveaux paysages agricoles et urbains. De nos jours, entre 70 à 80% des végétaux utilisés dans nos régions en agriculture, horticulture et en art des jardins furent introduits à une époque récente, c’est-à-dire au plus, quatre siècles !

 

Disposition des caisses de plantes sur un navire en provenance d’Amérique du Nord -1791

Transport maritime au long cours

Dès la découverte de l’Amérique, les Espagnols et surtout les Portugais vont vouloir essaimer un certain nombre de plantes dans les comptoirs africains et d’Extrême-Orient qu’ils créent. Pour la très grande majorité des végétaux, la question majeure est : comment les conserver vivants durant des semaines et des mois à bord d’un navire qui navigue au milieu des océans. Trouver les conditions optimales dans un milieu non adapté voire hostile, va faire l’objet de bien des expérimentations. Ce n’est pas tant l’amélioration des navires, de leurs conditions de navigation, ou la diminution des temps de traversées qui est à retenir, que la mise au point dans les années 1840, d’une caisse spécifique pour préserver les plantes,la caisse dite de Ward.

 

Caisse de Ward, permettant le voyage des plantes sans intervention humaine

Le premier véritable recueil européen d’instructions et conseils pour le transport de plantes vivantes et graines par voie maritime est celui du français Duhamel du Monceau (1700 – 1782) publié en 1753 sous le titre Avis pour le transport par mer des arbres, des plantes vivaces, des semences et diverses autres curiosités d’histoire naturelle. Cet ouvrage s’adresse aussi bien aux jardiniers, officiers de marine qu’à l’ensemble des collecteurs qui doivent résoudre une série de problèmes avant le départ et surtout durant les longues traversées.

Bien que les caisses de plantes soient en bois et de dimensions similaires aux divers coffres de marine, la première difficulté est de les faire accepter, par le capitaine et son équipage. En effet elles doivent être mises sur le pont, c’est-à-dire à la lumière et non en fond de cale, mais les navires sont de faibles dimensions, les équipages nombreux et les espaces libres sur le pont réduits.Ce problème d’emplacement résolu, et avant les caisses de Ward, il faut prendre soin des plantes, les aérer, les arroser, les protéger du soleil trop violent, des intempéries, des embruns, laver le feuillage à l’eau douce pour enlever les dépôts de sel, les protéger contre les souris et les rats… Les voyages les plus difficiles, du moins pour les plantes, sont ceux qui leur font subir divers climats et saisons en quelques mois. C’est le cas des retours d’Extrême-Orient puisque la route nécessite la descente de l’océan Indien en coupant tropiques et équateur, puis après le passage du Cap de Bonne Espérance, la remontée de l’océan Atlantique en recoupant à nouveau tropiques et équateur.Le partage de l’eau et donc l’arrosage des plantes font partie des questions épineuses. L’eau à bord est contingentée et la quantité embarquée est régie par un certain nombre de règlements. Si la navigation est conforme aux prévisions et les points de ravitaillement, les aiguades, au rendez-vous, la disponibilité en eau ne se pose pas.En revanche, en cas de calme plat, de dérive importante par rapport à la route initiale, l’eau peut devenir un problème crucial. Ce problème ne sera résolu que durant le XIXe siècle avec l’installation progressive, à bord des navires, de machines de dessalement. Sauf pour les expéditions scientifiques ou dans le cas de transport quasi-exclusif de plantes (cas de la Bounty avec le capitaine Bligh en 1788), il n’y a pas de jardiniers à bord des bateaux et c’est donc un membre de l’équipage qui est en charge de ce suivi, en plus de ses autres obligations.

Fortuitement ou volontairement, un certain nombre de ces caisses rejoindra la mer pour libérer quelques mètres carrés de pont !

 

Transformation des ponts de la Bounty pour le transport des arbres à pain

Sur une caisse débarquée, en moyenne, une plante sur cent a une chance de développement et de vie. Il est donc impératif de trouver une solution et une technique qui puisse réduire de façon substantielle ces pertes. Les Anglais, très pragmatiques, vont lancer un concours d’idées. C’est un médecin londonien, Nathaniel Ward (1791 – 1868) qui après avoir observé dans les années 1830, le comportement de quelques plantes qui avaient germé dans une dame-jeanne fermée, met au point une caisse de transport, vitrée et étanche. Des tests sont effectués lors de voyages au long cours en Chine et en Australie. Le succès est au rendez-vous puisque 90% des plantes arrivent en bonne santé. Les grandes institutions botaniques européennes ainsi que les grandes maisons horticoles (Veitch, Vilmorin, Van Houtte…) qui paient les services de collecteurs de plantes sur tous les continents et latitudes, vont s’équiper de ces caisses qui vont parcourir les mers jusque dans les années 1960.

Malgré cette substantielle amélioration, des échecs subsistent liés à une préparation insuffisante des plantes et des caisses, sans parler des incidents survenus aux cours de la navigation. Dans son courrier du mois d’août 1868 envoyé au Muséum de Paris, le chirurgien de 1ère classe, J. Brion, débarquant à Brest d’une frégate de la marine nationale revenant de Sydney, indique les limites de la réussite «  […] bien que ce choix ait été fait avec tout le soin possible […], la plupart des sujets étaient trop faibles et sont morts dans la traversée de la Nouvelle-Calédonie à Rio de Janeiro. Au Cap Horn, il y a eu quelques jours de très mauvais temps qui ont forcé de condamner les panneaux et par suite de diminuer considérablement la quantité de lumière que recevaient les plantes. C’est à ce moment que ce sont développés très rapidement des champignons qui ont fait périr une partie des plantes et la caisse a dû être ouverte pour sauver le reste. »

 

Arrosage d’un pied de café en route pour la Martinique début XVIIIe siècle

Yves-marie Allain – Juin 2014

Auteur de « Voyages et survie des plantes au temps de la marine à voiles

Quelques noms de navires ayant transportés des plantes et appartenant à des armateurs nantais

Dans les divers états d’envoi ou de réception de plantes, il est rare que figure le nom du navire qui a effectué le transport, car les caisses ou paquets de graines étaient confiés au premier bateau faisant relâche. D’une façon générale figure le nom de l’expéditeur, celui qui a remis les plantes à l’arrivée (avec son grade et parfois le nom de son navire) et parfois le port d’embarquement et le commissionnaire.

Navires du XVIIIe siècle

Saint-Michel, armateur René Darquistade

Navires du XIXe siècle avec des capitaines nantais :

Germain joyaux : le Cayennais

René Gravouielle : La Cécilia

Canaud : Malvina

Mathurin-Jean Armange : L’Eugénie, Deux Frères, Anna

Joachim Maugras : Andromaque

Pierre Constant Letorzec : La jeune Bathilde, La Geneviève