Expositions de l’été

Exposition de photos de l’UIA

Chaque été, le Groupe Animation Tourisme Montoir propose une exposition temporaire lors de l’ouverture du musée. Les photographies « Bassin de Penhoët, industries et paquebots » réalisées par les amateurs de l’Université Inter Âge de Saint Nazaire seront exposée en même temps que les maquettes des bateaux de Joël Vince. L’UIA est une association ouverte à tous. Elle compte2 000 adhérents. Elle a pour but de permettre à chacun de continuer d’apprendre quel que soit son âge. L’atelier photo est animé par 23 bénévoles. C’est un lieu de pratique en groupe qui abouti à de très belles expositions.

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Les maquettes de Joël Vince

D’abord apprenti mécano dans un garage, Joël Vince a travaillé sur les ailes du Concorde avant d’entrer en 1971, aux Chantiers de l’Atlantique comme charpentier fer. Un accident du travail l’immobilise pendant deux ans. Alors, l’ouvrier montoirin commence à fabriquer des maquettes. C’est devenu une passion. Dans un petit cabanon au fond de son jardin, il réalise les maquettes des paquebots construits à Saint Nazaire en utilisant des matériaux divers et de récupération. Du Normandie, du France au MSC Bellissima tout juste sortie des cales de construction en passant par le Napoléon Bonaparte, le Queen Mary 2, l’Harmony of the Seas, Joël Vince propose une exposition la plus complète sur la construction nazairienne. Depuis 1872, les chantiers de Penhoët, devenus les Chantiers de l’Atlantique, sur une superficie de plus de 150 ha, sont devenus l’un des plus grands chantiers navals du monde.

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A voir au musée du 29 juin au 1er septembre 2019 tous les jours de 10 à 12 h et de 14 h à 18 h. Gratuit.

Les outils du jardinier à la fin du XVe siècle par Yves-Marie Allain

Outils apparaissant sur diverses illustrations (détails) de l’ouvrage de Pierre de Crescens, Les profits champêtres, traduit en français en 1373, imprimé en 1471.

Fenaison : râteau à foin (en bois), fourche à foin (en bois), faux ;

La fenaison

Vigne : serpette, serpe, faucille, houe, bêche, faux, échelle ;

la vigne

Verger : Râteau à foin (en bois), faux, fourche à foin (métallique), serpe, diverses haches ;

les vergers

Vertus des plantes : bêche, faucille emmanchée, serpette.

vertus des plantes

Durant le Moyen Âge, les outils de l’agriculture et du jardinage vont petit à petit se différencier et se spécialiser. Les matériaux utilisés pour leur confection restent encore très variés : le bois, la corne, l’os, la pierre et de plus en plus souvent le fer.

Au cours du xve siècle se met en place la profession de taillandier. Il fabrique et vend de nombreux instruments en fer ou en acier comme les faux, les serpes, les houes, les bêches. Mais souvent la bêche est en bois avec une protection partielle de métal. Les couteliers améliorent le tranchant des lames pour les greffoirs et les serpettes.

Conçus et forgés à la demande, tous ces outils ont une forme et des dimensions très souvent adaptées à l’utilisateur.

En 1598, le médecin suisse Thomas Platter dessine les instruments utilisés par le jardinier du connétable de Montmorency à Alès : de grands ciseaux avec des manches en bois, un piochon ou houe, une faucille emmanchée pour tailler les arbres fruitiers et un escabeau double.

De petites scies, genre scie égoïne, pouvaient exister pour couper les branches d’arbres fruitiers.

La faux, fort prisée en Europe, est l’un des rares outils en métal que les paysans possèdent en propre. Plus précieuse qu’une tête de bétail, c’est un bien de valeur. Bien entretenues par leur propriétaire, les faux apparaissent dans les actes notariés et sont transmises lors des héritages.

Et le sécateur ? Il faudra attendre encore quelques siècles.

En 1818, l’almanach horticole du Bon jardinier fait mention pour la première fois d’un nouvel outil pour le jardinier, le sécateur mis au point par le Français, Bertrand de Molleville. Quelques années plus tôt, Jean Mayer, premier jardinier à la cour de Wurtzbourg, précisait encore que les outils nécessaires à la taille se réduisaient à deux, la serpette et la scie !

Yves-Marie Allain et Guy Nicoleau lors de l'ouverture du Jardin Médiéval des Caves
Yves-Marie Allain et Guy Nicoleau lors de l’ouverture du Jardin Médiéval des Caves

Les marins de Montoir et la guerre d’indépendance Américaine par Guy Nicoleau

A l’occasion du passage de l’Hermione, fin mai, dans l’estuaire de la Loire, le GATM précise que des marins de Montoir sont partis sur d’autres navires, à la suite de la célèbre frégate de Lafayette, participer à la guerre d’indépendance de l’Amérique.

Depuis Colbert, jusqu’à la généralisation du service militaire obligatoire, les marins français, en âge et en état de naviguer sont les seuls à servir l’État. Donc, en période de guerre, on a levé tous les hommes indispensables aux armements. Les gens de mer du royaume se trouvèrent alors soumis à un service militaire obligatoire dont la durée variait en fonction du nombre de marins disponibles, des évolutions techniques des vaisseaux et des orientations de la politique française. Les marins de Brière n’ont pas échappé à ce service. C’est ainsi que l’on disait que l’on pouvait lever 800 marins de la paroisse de Montoir, en 24 h, sous Louis XIV.

Alors que l’on parle de la visite de l’Hermione dans l’estuaire de la Loire, fin mai, il est bon de rappeler que 543 marins briérons ont été levés pour participer à la guerre d’Indépendance de l’Amérique entre 1776 et 1782. 114 d’entre eux sont morts au combat, 60 sont passés par les prisons anglaises et 5 y sont morts. Le 8 mars 1779, le « Bienfaisant » quittait Rochefort aux ordres du Roi avec à son bord 14 montoirins : 4 capitaines et cadres de 31 à 52 ans, 3 matelots de 35 à 41 ans et 7 novices de 17 à 21 ans. C’est un exemple. D’autres ont rejoints l’Escadre d’Estaing sur « le Fendant », « le Dauphin Royal ». Certains ont rejoint l’Escadre De Grasse sur « le Magnifique », « Le Languedoc ».

Les charpentiers de navire étaient également levé. En août 1777, David Maillard, 28 ans part sur le Dugué Trouin avec François Hubert, 36 ans, matelot. Cette histoire est à découvrir au Musée de la Marine en bois du Brivet à Montoir de Bretagne qui ouvrira ses portes du 29 juin au 1er septembre. Gratuit. www.marineenboisdubrivet.fr

"La Sirène" exposée au musée de la Marine en bois duBrivet
« La Sirène » exposée au musée de la Marine en bois du Brivet

Sources: archives Jean-Louis Monvoisin

Montoir au XXe siècle par Michel Mahé

 

Montoir au XXème siècle

Montoir de Bretagne va connaître une mutation profonde, passant en un peu plus d’un siècle d’un bourg essentiellement rural en bordure de Brière à une commune fortement industrialisée.

Trignac, village montoirin de 319 habitants en 1872, voit naître en quelques mois une industrie destinée à produire de la fonte, du fer et de l’acier, avec pour principaux clients les chantiers de Saint Nazaire .

C »est la naissance des forges de Trignac. une immense aciérie, la plus importante de l’Ouest, qui produira sans discontinuer jusqu’en 1932.

Entrée des forges de Trignac
Entrée des forges de Trignac

Le village devient une ville, les charges pèsent de plus en plus sur la commune de Montoir. Le 31 mars 1914, Trignac se sépare de Montoir et devient une nouvelle commune.

Au cours de la guerre de 1914/1918, 158 soldats Montoirins sont morts pour la France

Les Américains débarquent à Saint Nazaire le 26 juin 1917. Très rapidement ils vont installer une partie de leurs camps à Montoir et près du village de Gron.

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Ils installent toute une série d’infrastructures afin de recevoir, stocker et diriger ensuite vers le front le matériel et les marchandises en provenance des Etats Unis:

-Une immense gare de triage, la gare Wilgus (c’est le plus grand chantier ferroviaire du monde à l’époque)

-Un immense parc de stockage en bordure de Loire, composé de 198 magasins, d’une centaine de mètres de long chacun. (138 seront terminés lors de l’armistice)

Un immense réseau de voies ferrées réunissant entre elles les différentes installations.

Un pont en Bois sur le Brivet permettant la liaison entre le port de Saint Nazaire et les installations de Montoir.

Un appontement en Loire permettant d’accueillir et de décharger les navires en eau profonde, sans entrer dans le port de saint Nazaire.

Toutes ces installations vont profondément bouleverser la vie des Montoirins, mais disparaîtront après la fin de la Grande Guerre.

En 1925, Saint Malo de Guersac devient à son tour commune et se sépare de Montoir.

Les travaux de l’aérodrome démarrés en 1939 sont interrompus par la guerre. Les bâtiments de l’usine d’aviation déjà construits hébergeront des réfugiés espagnols, puis des prisonniers FFI durant la guerre, et enfin des prisonniers allemands en 1945.

Montoir va vivre en direct la débâcle de l’armée anglaise en 1940, fuyant vers Saint Nazaire dans l’espoir d’un rembarquement et abandonnant sur le territoire de la commune véhicules et marchandises.

La commune subit l’occupation allemande, et les bombardements alliés. C’est l’exode pour de nombreux habitants. Elle se trouve enfermée dans la Poche de Saint Nazaire et ne sera libérée par les alliés que le 11 mai 1945.

Un fait de résistance est à noter : la rédaction et la diffusion d’Août 1944 à mai 1945 d’un journal clandestin, Radio Espoir, donnant quotidiennement aux civils des nouvelles du déroulement de la guerre et de l’avance alliée. Mademoiselle Simone Herveau, une habitante de Montoir, en est la dévouée secrétaire.

Yvonne Herveau à sa machine à écrire exposée au musée de Montoir
Yvonne Herveau à sa machine à écrire exposée au musée de Montoir

A partir des années 50, la commune commence une mutation profonde.

L’aérodrome se développe, la piste est allongée, accueille des lignes de passagers. L’usine Sud Aviation se développe et occupe les hangars pour sa production d’avions.

On installe l’usine d’engrais de la Grande Paroisse, puis vient la construction du pont sur la Loire (dont la partie nord est située sur le territoire de la commune), inauguré en 1975.

On aménage également dans les années 70 les différents terminaux, le premier étant le terminal méthanier, sur la rive droite de la Loire, suivi des terminaux: charbonnier, à marchandises diverses, roulier. Ces installations ne cesseront de se développer jusqu’à nos jours. le port de Montoir est un élément clé du Grand Port Nantes Saint Nazaire.

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Le développement permanent de l’usine Sud Aviation, devenue Airbus Industrie, fait de cette industrie le fleuron de la commune, l’aérodrome permettant d’expédier les tronçons d’avions fabriqués dans les ateliers. Une vaste zone industrielle accueille de nombreuses entreprises.

Montoir de Bretagne est une commune en pleine expansion, ce qui devrait se poursuivre dans les années à venir.

 

Vide Greniers de l’association le 23 juin 2019

Le GATM organise son premier vide greniers le dimanche 23 juin 2019. Il aura lieu sur le magnifique site du Manoir de l’Ormois, à Montoir de Bretagne .

Si cela vous tente n’hésitez pas à vous inscrire (bulletin d’inscription en pj). Sinon  réservez cette date pour venir nous voir et faire des affaires à partir de 8 heures et jusqu’à 18 heures.

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Le Jardin Médiéval des Caves restauré

DSC_0031Grâce à Yaelle, Kassandra, Soani, Ilona, Lucien, Simon, Mathys et Janny accompagnés de Swan, animateur des chantiers jeunes de Start’air, qui ont travaillé, pendant une semaine, le Jardin Médiéval des Caves retrouve un nouveau visage. C’est un lien très fort qui existe entre ce lieu et les jeunes de Start’air. En 2014, c’est un chantier jeune qui a participé à la création du jardin. En 2015, ils reviennent pour l’amélioration. En 2016, les jeunes posent des épouvantails de leurs créations. En 2017, ils participent aux trompe-l’œil du Domaine de l’Ormois. Cette année, ils ont donné au jardin un renouveau par la pose des panneaux qui encadrent les carrés. Nous remercions la ville pour la fourniture des panneaux tressés. Les outils du jardin au Moyen-Âge feront l’objet d’une exposition, d’informations et d’une conférence d’Yves-Marie Allain, cette année. Le Jardin Médiéval des Caves ouvrira ses portes au public, le samedi 25 mai. Trégonneau, Montoir de Bretagne, fléchage à partir de

Chantier jardin avril 19 DSC_0029P.O. Tous en chantier au jardin

Conférences au jardin en 2019

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Jardin médiéval des Caves

Conférences 2019 au jardin à 18 h

Jeudi 18 juillet : Les Boulangers des « Pains maritimes ». Les circuits courts d’approvisionnement du « label » grenier bio d’ici.

Jeudi 25 juillet : Alain Parise. Céréales et aromatiques, comment les utiliser.

Jeudi 1 août : Nicolas Roux. La vie des abeilles.

Jeudi 8 août : Yves-Marie Allain. Les outils du jardin au Moyen-Âge.

Jeudi 15 août : Alain Poulard. Histoire de la distribution des cépages dans les grands vignobles français.

Jeudi 22 août : Georges Dauce, Histoires d’eau à Montoir de Bretagne et dans la Presqu’île de Guérandaise

Les intervenants :

Yves-Marie Allain, ingénieur horticole, ancien directeur du Jardin des Plantes de Paris a écrit de nombreux ouvrages. Il a été à la création du jardin Montoirin.

Alain Poulard , œnologue, ancien de l’Institut Français du Vin et de la Vigne est membre de l’association « Le Berligou » de Coëron.

Alain Parise, conservateur de biodiversité passionné, est le créateur du Jardin de Forges de Saint Nazaire

Nicolas Roux, apiculteur montoirin, produit le miel bio du « Rucher des Marais ». C’est un grand connaisseur de abeilles et de leur environnement

David Monvoisin et Jean-Marie Le Gall de la boulangerie «  le Pain Maritime » à Saint Nazaire.

Georges Dauce, sourcier amateur.

Entrée aux conférences gratuite.

Le Jardin est ouvert à la visite du 25 mai au 30 septembre, visite libre.

Près de Trégonneau . Fléchage à partir de la Gendarmerie

Le 11 novembre 2018 par Guy Nicoleau et Michel Mahé

Un 11 novembre 2018 particulier

En novembre 2016, Michel Mahé, spécialiste de l’histoire locale du XXe siècle, recevait Brock Bierman. Cet américain est venu sur les traces de son grand-père qui est arrivé dans les camps de Montoir de Bretagne avec de nombreux Sammies en 1917.

Samuel BiermanSamuel Robert Bierman, originaire de Moldavie, émigre en 1906 aux USA, sa famille fuyant les pogroms. Devenu ingénieur, il obtient la nationalité américaine en 1913. Au moment de l’entrée en guerre des États-Unis, il se porte volontaire pour aller combattre en Europe. Il s’engage en juin 1918 dans l’artillerie côtière. Il débarque à Brest en octobre 1918 puis stationne au camp de Montoir qui était situé de part et d’autre de la route de Nantes, à la Ramée, avec le 50e régiment d’artillerie côtière, du 30 octobre au 26 novembre. Il est affecté aux taches quotidiennes qui consistent à remettre en état les infrastructures (routes, voies ferrées). Les conditions météorologiques sont très dures durant son séjour (pluie, froid, boue). Il tombe gravement malade mais s’en remettra. Il retourne alors avec son régiment à Brest au camp de Pontanezen. La guerre terminée, Samuel Bierman embarque le 30 janvier 1919 à destination des États-Unis d’Amérique et débarque à Hoboken , près de New-York le 13 février, avant d’être démobilisé.

Le 11 novembre 2018

A l’occasion du 11 novembre 2018, nous avons eu à nouveau la visite de Brock Bierman, accompagné de son épouse. Il est revenu comme en 2016, sur les traces de son grand-père dans les camps de Montoir. Le couple a visité l’exposition sur « Les Américains à Montoir », réalisée par Michel Mahé et les membres du Groupe Animation Tourisme Montoir, mise en place temporairement à la Médiathèque Barbara. Puis ils ont parcouru le musée de la Marine en bois du Brivet et nous ont laissé en don, pour notre exposition permanente, un casque et une veste de Sammies.

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Michel Mahé, Brock Bierman et son épouse au Musée de la Marine en bois du Brivet.  Le casque et la veste des Sammies

Le jour du 11 novembre 2018, Brock Bierman a offert à David Samzun, maire de Saint Nazaire et à Jean-Pierre Aubry, adjoint à la culture, représentant le maire de Montoir, un drapeau américain de 1917 ( 48 étoiles). Celui remis à la ville de Montoir de Bretagne, sera exposé à l’Hôtel de Ville et au musée de la Marine en bois du Brivet, dans la salle consacrée au XXe siècle, lors des ouvertures d’été.

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Brock Bierman, David Samzun et Jean-Pierre Aubry

Au cours de cette cérémonie, dans la salle des Franciscains de Saint Nazaire, James P. Du Vernay, consul des Etats-Unis d’Amérique pour le Grand-Ouest, a précisé, dans son intervention, que les soldats américains étaient venus pour aider la France, comme un retour de l’histoire, car, entre 1776 et 1782, de nombreux français sont allés soutenir les Américains dans leur combat pour l’indépendance. Guy Nicoleau et Michel Mahé lui ont précisé que 543 marins de Montoir ont participé à cette expédition sur les navires de la Royale. 97 sont morts au combat, 60 sont passés dans les prisons anglaises où 5 y sont morts. Il faut aussi se rappeler que l’Hermione, navire de La Fayette, a sombré sur le plateau du Four, au large du Croisic. Notre presqu’île est liée à cette grande histoire.

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James P. Du Vernay, consul des Etats-Unis d’Amérique pour le Grand-Ouest entre Michel Mahé, historien et Guy Nicoleau, président, conservateur comme l’a nommé Brock Bierman, du Groupe Animation Tourisme Montoir

Guy Nicoleau et Michel Mahé ont souhaité vous faire découvrir une partie de l’allocution de Brock Bierman du 11 novembre 2018. Elle mérite votre attention.

« Merci pour l’opportunité que vous me donnez d’être ici et de pouvoir vous parler en ce jour si important.Les États-Unis et la France ont une relation à nulle autre pareille. vraiment unique et qui remonte à la naissance de notre nation. Tout simplement, sans l’aide de la France durant la guerre Révolutionnaire, nous n’aurions jamais obtenu notre indépendance. En fait, si je suis devant vous aujourd’hui, je le suis en tant que témoin de notre histoire et des relations d’amitié importantes entre nos deux pays. Le jour de l’Armistice est l’un des plus importants jours fériés et la France a fait un travail incroyable, afin de maintenir l’histoire vivante et pour qu’on se souvienne de tous les importants sacrifices réalisés par nos vétérans.Nous avons tous à apprendre à propos de cette histoire, et pour moi et ma famille particulièrement, Saint Nazaire et Montoir sont des endroits très spéciaux . Il y a 100 ans aujourd’hui, mon grand père Samuel Robert Bierman était cantonné tout près d’ici, en tant que membre du 50ème Régiment d’Artillerie Côtière. Et bien que j’aie écrit ce discours, c’est vraiment mon grand père qui vous parle aujourd’hui. Le fait est que Sam avait vécu le début de sa vie sous un régime autoritaire, et ne partageait pas nos libertés avant son immigration vers les USA en 1906 en provenance de la Russie tsariste. Sam arriva en Amérique avec seulement ce qu’il avait pu emporter dans son sac. Il étreignit sa nouvelle patrie à bras ouverts et devint citoyen américain en 1913.

Mon père me disait toujours que mon grand père était fier de son engagement durant la Grande Guerre et avait conforté ses sentiments à son retour aux USA. Il revint de France avec le désir encore plus grand de rendre service à sa communauté.

Il s’était porté volontaire, fut fonctionnaire et passa le reste de sa vie au service de Dieu et de son pays. Il est clair que Sam servit son pays car il était convaincu que la démocratie et la liberté devaient être défendues, partagées, construites et entretenues. Il avait compris mieux que la plupart que le pays pour lequel il s’était battu et sa nouvelle patrie étaient plus qu’une simple nation. C’était une idée, une idée qui exigeait un engagement à vie.

Quand je repense à la vie de mon grand père, un détail me reste. Il se rappelait de l’Histoire. Il se rappelait ce qu’était la liberté, parce qu’il savait de première main ce que c’était de ne pas en avoir. Et il consacra toute sa vie à la célébrer, l’assister et la défendre.

Mais mon grand père voudrait sûrement regarder le monde d’aujourd’hui et nous poser une question. Avons nous oublié notre passé ? Il verrait les divisions entre nous et nous demanderait si nous nous souvenons de tous les hommes et les femmes qui donnèrent leur vie et tout ce qu’ils possédaient au service de quelque chose de plus grand que les différences qui les séparaient.

Nous devons considérer ce jour comme une opportunité de nous rappeler notre passé et de nous souvenir de la façon dont les peuples sont capables de mettre de côté leurs différences pour le bien commun.

Merci, et que Dieu protège la France, les États Unis et tout particulièrement notre amitié ».

Le Tacite par Guy Nicoleau

Le Tacite

Le Tacite, pour le GATM, c’est tout d’abord l’histoire d’une rencontre. En juillet 2016, Alain Conan et Cathie, son épouse, se présentent au musée de la Marine en bois du Brivet. Alain Conan, originaire de la région nantaise, est un des créateurs du musée Maritime de Nouméa en Nouvelle-Calédonie. Il est également membre des plongeurs de l’association « Fortunes de Mer Calédoniennes » qui évoluent sur les épaves de la barrière de récif de Nouméa. Il est venu au musée de Montoir de Bretagne pour avoir des renseignements sur une épave d’un bateau construit, en 1869, aux chantiers Emile Ollivaud à Méan et commandé par Baptiste Honoré Moyon du village de Trignac à Montoir. Ce bateau se nomme : « Le Tacite ».

Tacite est un écrivain romain (55-120 ans après J.C.). Il était le gendre du général romain Agricola qui découvrit la tribu insoumise des Caledonii qui devint ensuite, l’Ecosse. C’est le capitaine James Cook qui découvrit le caillou en Océanie et lui donna le nom de : New Calédonia, Nouvelle-Calédonie, en souvenir de la tribu écossaise.

Voilà le résultats des recherches effectuées par Jean-Louis Monvoisin sur ce bateau :

« 1 – Acte d’affirmation du 11 novembre 1869 (Archives départementales de Loire Atlantique, 17 U 884)            Conf XIXe19 Le Tacite img908

Est comparu devant le juge de paix du 5e arrondissement de Nantes M. GRENET Pierre Charles, armateur et propriétaire en partie du navire trois mâts français nommé Tacite, capitaine Moyon, appartenant au port de Nantes et qui a été construit à Méans, commune de Saint Nazaire sur Loire, Loire inférieure, par M. Emile Ollivaud, constructeur de navires au dit lieu, qui en a délivré un certificat à la date du 8 septembre 1869 ;

que ce bâtiment a été jaugé le 11 septembre 1869 par deux vérificateurs des douanes de Nantes et qu’il résulte de leur opération que le dit bâtiment porte les dimensions suivantes :

– longueur de tête en tête prise sur le pont, de l’étrave à l’étambot, trente mètres huit centimètres, 30,08,

– largeur la plus grande sept mètres trente-deux centimètres, 7,32

– hauteur intérieure prise de la cale au pont quatre mètres quarante-quatre centimètres, 4,44

Desquelles mesures il résulte que le bâtiment est de la contenance de deux cents cinquante-sept tonneaux vingt-six centièmes, 257 tx, 26/100

Qu’il a serrage et vaigrage sans lambrissage ni faux tillac. Il est doublé en cuivre.

Jurant et affirmant le comparant qu’il est intéressé dans le dit navire pour 300 millièmes, Ollivaud Emile, constructeur du navire à Méans, pour 31/1000, Legal Chevreuil frères négociants à Nantes 60/1000, Cardinal fils ainé forgeron à Nantes 64/1000, Musquer Jean Baptiste voilier à Nantes 45/1000, Pauly Ange François poulieur à Nantes 9/1000, Pignot Jean cordier à Nantes 20/1000, Huette Théophile fournisseur de navires à Nantes 4/1000, Dubas Léon opticien à Nantes 5/1000, Lesage Henri marchand de vins à Trentemoult, commune de Rezé, 5/1000, Moyon Jean Baptiste Honoré, capitaine au long cours à Montoir de Bretagne, pour 457/1000.

Telle a été la déclaration du comparant qu’il a juré et affirmé sincère et véritable.

[Remarques : la coque du navire a été construite à Méan, sur le chantier d’Emile Ollivaud, situé rive droite du Brivet, juste après le pont de Méan. Lancée dans le Brivet fin août ou début septembre 1869, cette coque a été remorquée à Nantes où le gréement du navire a été fait par les différents artisans énumérés ci-dessus ; navire achevé au début de novembre de la même année.]

2 – Navigations (cf. Archives départementales de Loire atlantique, 3 P 538)

– 16-11-1869 : quitte Nantes pour La Réunion ; 21-04-1870 : quitte St Denis de la Réunion pour Melbourne

– 14-11-1871 : quitte Fort-de-France (sur lest) pour Haïti

– 19-04-1872 : quitte Le Havre pour la Réunion ; 31-08-1872 : quitte St Denis de la Réunion pour Saint Nazaire ; 29-11-1872 : part de St Nazaire pour Nantes ; 17-01-1873 : quitte Nantes pour St Pierre de La Martinique ; 15-03-1873 : quitte St Pierre Martinique pour Bordeaux

– Le 30 mai 1873, il part de Bordeaux pour Nouméa en Nouvelle Calédonie

– 11-10-1873 : naufrage côte de Nouvelle Calédonie ».

Le dernier voyage du Tacite

A Bordeaux, Le Tacite est chargé principalement de bouteilles de vins effervescents, spiritueux, vermouth et apéritif.

Des bocaux de conserves et de condiments.

Des sacs de noisettes et d’amandes.

Des meules à aiguiser.

Des chandeliers, photophores, verres à pieds et assiettes de faïence.            Conf XIXe37 IMG_2564

De l’eau de mélisse ou eau des Carmes.

Des irrigateurs Eguisier pour les lavements.

Des jouets (poupées, canons et fusils miniatures) pour Noël.Conf XIXe38 img298A

Jean-Baptiste Honoré Moyon, capitaine,Conf XIXe24 DSC_0013

appareille de Bordeaux le 30 mai 1873, avec neuf membres d’équipage : Benjamin Bacquet, 18 ans, de Boulogne, novice, Jean-Marie Briand, 17 ans, de Paimpol, novice, Yves- Marie Coadou 13 ans, du Havre, mousse, Eléonore-Hippolyte Desdevises, 42 ans, de Granville, matelot, Émile Marie, 18 ans de Bordeaux, cuisinier, Armand Lacaille, 54 ans, de Honfleur, matelot, Jean-Marie Le Rohelec, 28 ans, de Locmariaquer, capitaine au long-cours, embarqué comme second capitaine, François-Etienne Thomas, 47 ans de Bordeaux, maître d’équipage et François Zion, 35 ans, de Plourhan, quartier-maître de manœuvres.

Le Tacite franchit le Cap de Bonne Espérance le 21 juillet 1873, passe le Détroit de Bass le 28 septembre et arrive en Nouvelle-Calédonie le 10 octobre. Vers midi, il est en vue de la chaîne de Montagnes de la Grande Terre. Le relevé du phare de l’Île Amédée au nord-est du compas est fait jusqu’ à 23 heure. Vers 1 heure du matin, le second capitaine aperçoit des brisants. Le capitaine est réveillé et la totalité de l’équipage est appelé à la manœuvre sur le pont. La navire talonne le récif et coule rapidement. L’équipage embarque à bord de deux chaloupes pour arriver sur l’Île Amédée le 11 octobre à 10 heure et rejoint Nouméa à bord de la goélette l’Etoile du maître-pilote. En octobre 1873, la plus grande partie de l’équipage est rapatriée en France à bord du Calvados, qui a convoyé à Nouméa, 559 déportés de la Commune. Deux des matelots restent en Nouvelle-Calédonie et sont engagés à la Capitainerie de Nouméa.

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Notre première rencontre nous a permis de poursuivre nos échanges avec le Musée Maritime de Nouméa. Alain Le Bréüs et Jean-Paul Mugnier, membres, comme Alain Conan des « Fortunes de Mer Calédoniennes », nous ont rendu visite en mai 2018 au musée de Montoir.

Alain Conan disparaît en mer, en mars 2017, lors d’une plongée solitaire. Son épouse Cathie, était présente le 30 juin 2018 à l’occasion de l’ouverture du nouveau musée de la Marine en bois du Brivet. Elle a pu découvrir la place faite au Tacite et l’hommage rendu à Alain, son mari.          Conf XIXe15 Alain Conan

Il est possible de découvrir l’histoire complète du Tacite dans le livre « Un trois-mats pour Nouméa en 1873, Le Tacite » des Fortunes de Mer Calédoniennes en vente au musée (15 €).

Guy Nicoleau

Sources : Jean-Louis Monvoisin et Fortunes de Mer Calédoniennes